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Saint-Étienne : fusion du CHU et de l’Institut de cancérologie

• Julie Tadduni
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Le CHU de Saint-Étienne et l’Institut de cancérologie Lucien Neuwirth ont annoncé leur fusion, prévue pour le 1er janvier 2022. L’objectif est de moderniser l’offre de cancérologie dans la Loire et d’améliorer le parcours du patient. Une décision qui fait réagir le syndicat FO.

« C’est une occasion de mutualiser les moyens qui nous est offerte, une opportunité que nous n’avons pas le droit de ne pas réussir », a lancé le professeur Éric Alamartine, président de la CME (Commission médicale d’établissement) du CHU de Saint-Étienne, lors de l’annonce, lundi matin, de la fusion à venir entre le centre hospitalier et l’Institut de cancérologie Lucien Neuwirth (ICLN). Pour lui, si l’ICLN a parfaitement rempli sa mission durant vingt ans, le temps est désormais venu de passer à une nouvelle étape, la structure de taille intermédiaire n’étant plus dimensionner pour les années à venir. Un rapprochement demandé par le directeur général de l’ARS, validé à l’unanimité par le conseil médical du CHU, et auquel seule une opposition a été relevée au sein du conseil médical de l’Institut. Le Conseil municipal de la ville s’est également prononcé en faveur de cette fusion, qui sera effective dès le 1er janvier 2022.

CHU Saint-Etienne
Le Pr Éric Alamartine, président de la CME du CHU, Olivier Bossard, DG du CHU, Pascale Mocaër, directrice par intérim de l’ICLN, et le Dr Xavier Simoëns, président de la commission médicale de l’établissement de l’ICLN, lors de l’annonce de la fusion. © JT

Améliorer la prise en charge

« L’objectif est de construire un modèle synergique, explique le Dr Xavier Simoëns, président de la commission médicale de l’établissement de l’ICLN. Jusqu’à présent, la prise en charge se faisait sans connaître les besoins de chacune des structures concernant le patient. Cette fusion va nous permettre d’acquérir de nouvelles technologies, que nous n’aurions pas pu acquérir seuls, de travailler sur le lien ville-hôpital, d’améliorer le parcours du patient, de compléter la recherche clinique, d’accentuer le volet prévention. » Ainsi, un nouvel accélérateur de radiothérapie arrivera très prochainement sur site. Par ailleurs, des groupes de travail ont été créés parmi les praticiens et les associations de patients, afin d’apporter le meilleur service possible au malade. Olivier Bossard, directeur général du CHU, en a profité pour « remercier les plus de 80 praticiens , pharmaciens, infirmiers, qui ont participé à cette réflexion, afin de faire en sorte d’avoir un projet qui soit commun. » La fusion va ainsi permettre la mise en place d’un guichet unique, afin que le patient puisse être mieux orienter au sein des différents services.

Cette fusion va nous permettre d’acquérir de nouvelles technologies.

Dr Xavier Simoëns, président de la commission médicale de l’établissement de l’ICLN

Tous les emplois seront conservés

« Cette fusion n’a pas un objectif économique, a souligné Olivier Bossard. La situation économique du CHU est satisfaisante. C’est un peu moins vrai pour l’ICLN, mais sa marge de manœuvre est moins grande, même si l’Institut aurait eu des difficultés à assurer les investissements à venir et qui sont nécessaires. Mais nous ne l’avons pas abordé autour de l’aspect financier, c’est d’ailleurs pourquoi elle n’entraine aucune restriction de moyens ni aucune suppression d’emplois. C’est au contraire une relance des investissements accordés à la cancérologie. » L’ensemble des emplois sera effectivement maintenu, a précisé Pascale Mocaër, chez les titulaires comme chez les contractuels, avec une reprise de leur carrière, afin que l’ancienneté des salariés ne soit pas perdue. La prochaine étape vers la fusion vise à concerter les différents partenaires amenés à travailler avec ces patients (hôpitaux, médecins de ville, etc.) et enfin, de définir un projet médical, filière par filière, selon la localisation du cancer.

CHU Saint-Etienne
La fusion entre l’Institut de cancérologie et le CHU sera effective au 1er janvier 2022. © JT

« On veut une offre de soins de qualité, pas une course à l’échalote »

Réaction d’Alexandre Charly, secrétaire général du syndicat FO au CHU de Saint-Étienne :
« On nous vend cette fusion dans le but de couper l’herbe sous le pied du privé, tandis qu’on fait des partenariats entre public et privé. Le groupe de travail était composé de médecins, de chefs de services, de cadres. Il n’y avait pas d’aides-soignants, pas de techniciens, c’est un peu orienté. Nous affirmons qu’il y aura à terme des suppressions de postes, car il est stipulé que les emplois seront conservés si la raison de l’embauche est encore valable. Or, l’ICLN dispose d’un protocole d’accord de 20 RTT pour les agents, tandis que celui du CHU en compte 15. Ces contrats, qui viennent en complément de ces 5 jours, que vont-ils devenir ? On nous a expliqué qu’il n’y avait pas de négociation possible et que le protocole d’accord de l’ICLN disparaîtrait au profit de celui du CHU. Il en va de même pour les jours fériés. L’ICLN, dans son accord, en compte un de plus que le CHU. La direction affirme également qu’il n’y aura pas de mobilité, mais cela ne concerne que les soignants. Qu’en sera-t-il des services administratifs ? Le problème est qu’on ne nous dit pas tout. Les 450 agents de l’ICLN vont voir leurs conditions se dégrader, et les 4 500 agents du CHU ne verront pas les leurs s’améliorer. Alors que nous ne sommes pas contre l’idée d’une grande plateforme de soins. Nous avons besoin de savoir combien cela va coûter, combien cela va rapporter… Ce projet s’est fait en moins de huit mois. Ce qu’on veut, c’est une offre de soins de qualité et pas une course à l’échalote. Les agents sont épuisés par la crise, le timing est mauvais. Un projet oui, mais qui se fasse dans le temps, en cohésion avec ce que l’on est. Et si on se base sur le projet de cancérologie fait par M. Bossard au Mans, on voit qu’il y a eu de la casse en terme d’emplois. »

Nous affirmons qu’il y aura à terme des suppressions de postes, car il est stipulé que les emplois seront conservés si la raison de l’embauche est encore valable. 

Alexandre Charly, secrétaire général du syndicat FO au CHU de Saint-Étienne
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