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mercredi 29 mai 2024
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Drones : Hexadrone met le cap sur l’industrialisation pour devenir un leader mondial

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En dévoilant la seconde version de son drone modulable Tundra, l’entreprise de Saint-Ferréol-d’Auroure (Haute-Loire) veut s’imposer et devenir un des leaders mondiaux du marché de production de drones. Pour y parvenir, la PME vient d’investir 1,3 millions d’euros dans son industrialisation avec la construction d’un bâtiment de 1 000 m² et la mise en place d’outils de production lui permettant d’atteindre les 1 000 drones produits par an.

Le Tundra 2 que vient de lancer la société Hexadrone © Hexadrone

« Occuper une place parmi les leaders mondiaux des concepteurs de drones multi-rotor professionnels », voici l’ambition affichée par Alexandre Labesse, PDG et fondateur d’Hexadrone qui a présenté ce jeudi 20 avril le Tundra 2, version améliorée du drone qu’il conçoit avec ses équipes à Saint-Ferréol d’Auroure en Haute-Loire, à quelques kilomètres de Saint-Etienne. Véritable couteau suisse, le Tundra 2 est un drone possédant la particularité de n’avoir aucune utilité seul, mais pouvant accueillir de nombreux types de charges utiles allant de 0 à 4 kilos*. « Nous avons fait le choix de miser sur un produit unique là où beaucoup de nos confrères développent de nombreux modèles de drones, explique le PDG. Notre idée était de créer un standard, un porteur universel, sur lequel des partenaires intégrateurs peuvent adapter des charges utiles destinés à de multiples utilisations. »

Notre idée était de créer un standard, un porteur universel, sur lequel des partenaires intégrateurs peuvent adapter des charges utiles destinés à de multiples utilisations

Alexandre Labesse, PDG et fondateur de la société Hexadrone

Un développement exponentiel

Tombé dans le drone il y a 12 ans en commençant par en assembler en parallèle de son métier de technicien textile, Alexandre Labesse a créé Hexadrone SAS dans son garage en 2014, connaissant un développement exponentiel quasi instantané. « La première année, j’ai fait 600 000 euros de chiffres d’affaires avec un résultat net de 100 000 euros », précise ce dernier qui passe rapidement à temps plein sur le projet. Parmi les premières évolutions, il voit plus grand en reprenant les locaux de l’ancienne gendarmerie de Saint-Didier-en-Velay. Vient ensuite la création de la boutique en ligne, existe encore aujourd’hui, et proposant quelque 3 500 produits, puis la création d’un bureau d’étude afin de « concevoir des moutons à cinq pattes » suivant les besoins des clients. A partir de ces sollicitations spécifiques, Alexandre Labesse aura l’idée de mettre au point le Tundra, un drone entièrement modulable. La première mouture de celui-ci sortira en avril 2021 et Hexadrone en écoulera 50 exemplaires, portant le CA de la société à 2,3 millions d’euros en 2022. Parmi ces ventes, 50 % ont été réalisées auprès de structures du secteur de la défense (dont la DGA – Direction générale de l’armement, l’AID – Agence d’innovation défense ou encore le 61e régiment d’artillerie). Le reste étant des acteurs de l’industrie (Total Energies, Tecnip FMC) ou de la recherche (CNRS, CEA, INRAE…).

Alexandre Labesse, PDG et fondateur d’Hexadrone, entouré de Julien Bigny (à gauche), responsable du service R&D et de Grégory Villars, consultant d’Hexadrone pour la partie commerciale

Nous sommes une petite société mais la passion nous anime, et nous misons sur la durabilité de nos produits, leur côté évolutif, modulable, facilement transportable, le tout avec une logique de souveraineté car toute la structure du drone est française

1 000 m² pour passer le cap de l’industrialisation et produire jusqu’à 1 000 drones par an

Même si les stratosphériques chiffres réalisés par le leader mondial dans la production de drones, le Chinois DJI, avec ses 10 Mds de chiffres d’affaires et ses appareils représentant 80 % de la flotte mondiale de drones, semblent inaccessibles, la PME altiligérienne compte bien se faire une place au soleil dans un marché en plein essor. « Nous sommes une petite société mais la passion nous anime, et nous misons sur la durabilité de nos produits, leur côté évolutif, modulable, facilement transportable, le tout avec une logique de souveraineté car toute la structure du drone est française » appuie le fondateur. Un dernier point qui a de quoi conforter le positionnement de choix de la société dans un marché de la défense qui va encore davantage s’étoffer, tout comme celui de l’utilisation civile. Selon Alexandre Labesse, le marché du drone correspond aujourd’hui au marché de l’automobile en 1920…

Afin de faire partie des entreprises gagnantes du secteur, Hexadrone s’est structurée au fil des années. Procédant tout d’abord à une première levée de fonds de 800 000 euros en 2018, la PME a ensuite grandi pour employer aujourd’hui vingt personnes travaillant dans des locaux de 1 000 m² flambant neufs, inaugurés l’année dernière. Un outil industriel dans lequel 1,3 millions d’euros ont été investis avec l’aide d’une subvention de 600 000 euros dans le cadre du plan France Relance et de 60 000 euros provenant du Département de la Haute-Loire. Cette nouvelle usine permettant de mieux structurer la fabrication qui pourra aller jusqu’à 1 000 drone conçus par an. « Ici, nous avons 15 personnes qui travaillent sur 15 îlots, explique le dirigeant. Tout est bien organisé et nous œuvrons pour construire un réseau de partenaires et revendeurs en France, en Europe et dans le monde. Progressivement, nous sortons de notre cocon. » En 2023, l’objectif affiché par Hexadrone est d’ouvrir une dizaine de revendeurs en Europe tout en assurant la maintenance des appareils mais également la formation des utilisateurs du Tundra 2.

*Le Tundra 2 est un drone d’une envergure d’1m80 en configuration standard pouvant voler jusqu’à 1h à vide et 30 minutes avec une charge utile de 4 kg. Actuellement, une centaine de différentes charges utiles sont adaptables sur le Tundra 2. Le prix moyen de ce dernier en configuration « prêt-à-voler » se situe aux alentours de 20 000 euros, d’après le PDG d’Hexadrone.

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