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mercredi 30 novembre 2022
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Valéria Faure-Muntian : « Il faudra aussi être à la hauteur pour l’accueil des réfugiés »

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Députée LREM de la troisième circonscription de la Loire, Valéria Faure-Muntian, née en Ukraine, est également présidente du groupe d’amitié France-Ukraine à l’Assemblée nationale. Après l’offensive lancée par Poutine sur son pays d’origine, nous avons souhaité faire le point avec elle sur la situation actuelle en Ukraine et voir un peu plus loin.

La députée LREM de la Loire, Valéria Faure-Muntian est née en Ukraine, à Kilia, dans l’oblast d’Odessa © DR

La Russie de Vladimir Poutine est entrée en guerre contre l’Ukraine jeudi dernier. Depuis, l’Occident et notamment l’Union européenne ont pris plusieurs mesures à l’encontre de la Russie. Pensez-vous que ces dernières soient suffisantes et appropriées ?

Valéria Faure-Muntian : Oui. Aujourd’hui, l’Union européenne est à la hauteur de l’agression et de la violence avec laquelle la Russie a attaqué l’Ukraine. Je pense que Poutine espérait que l’Occident soit désorganisé et désuni. Et ce n’est pas le cas. Nous avons pris des décisions fortes, afin d’isoler la Russie économiquement, au niveau aérien… Nous avons également fait le choix de fournir des armes défensives à l’Ukraine. Il faut noter que c’est la première fois qu’une telle mesure est prise dans l’histoire de l’Union européenne. Nous sommes 27 pays et en seulement trois jours, nous sommes parvenus à être à la hauteur de la situation et à soutenir l’Ukraine. De plus, d’autres choses peuvent être mises en place et les Etats-Unis ainsi que le Canada sont en pourparlers actuellement sur ce point. Désormais, il faudra aussi être à la hauteur pour l’accueil des réfugiés.

Vous êtes présidente du groupe d’amitié France-Ukraine et vous êtes née en Ukraine… Avez-vous des contacts avec des personnes actuellement sur place. Si oui, comment se sentent-elles, quelle est la teneur des échanges que vous avez avec elles ?

Oui, nous échangeons avec plusieurs personnes. Nous sommes dans l’opérationnel et pas dans l’affect. Les personnes avec lesquelles je peux échanger sont calmes et font preuve d’une grande combativité. Que ce soient les militaires, les politiques ou les civils, ils sont prêts à défendre leur territoire coûte que coûte. Nous échangeons également sur l’organisation de l’aide, de l’humanitaire. Mais je ne peux qu’accompagner tout cela de ma place de parlementaire.

Les Français sont extrêmement touchés et solidaires des Ukrainiens. Les Ligériens ne font pas exception.

Combien de ressortissants ukrainiens vivent dans la Loire ?

Il n’existe pas de statistique donnant le nombre de ressortissants ukrainiens en France. Donc je ne peux pas vous dire exactement, mais il y en a quelques-uns. Cela dit, je suis impressionnée par la solidarité française. Je reçois des centaines de propositions pour apporter de l’aide, du soutien matériel, pour accueillir des réfugiés… Les Français sont extrêmement touchés et solidaires. Les Ligériens ne font pas exception.

Cela vous surprend ?

Non, car nous sommes capables de cela. Je suis davantage émue par cette solidarité. Je suis aussi touchée car ce sont mes origines, forcément.

Pour aller un peu plus loin, si jamais Poutine et son armée parviennent à prendre le pouvoir en Ukraine, installer un gouvernement fantoche, pensez-vous que les Ukrainiens pourront continuer à résister suite à cela ?

Quand on voit avec quelle rage et quelle détermination ils sont capables de défendre aujourd’hui leur territoire, ils ne le lâcheront à personne. Les Ukrainiens ne se battent pas pour le pouvoir. Il faut bien comprendre qu’ils n’ont pas pris les armes pour Volodymyr Zelensky. C’est un bon leader, il fait bien son job, c’est indéniable. Cependant, la population civile et même les militaires, ne le font pas pour lui. Ils le font pour leur culture, leur langue et leur territoire. Les Ukrainiens ne rangeront jamais les armes, jusqu’au dernier. C’est une détermination qui est sans faille, ayant traversé les siècles, et qui est ancrée dans leur ADN.

Pensez-vous que Kiev peut encore tenir quelques temps ?

La coordination et l’ensemble des décisions prises par l’Occident peuvent potentiellement renverser un peu la tendance. C’est peut-être un vœu pieux que je formule, mais je pars du postulat que le fait de couper les vivres à la Russie et de l’isoler, peut provoquer un sursaut chez les Russes. Par ailleurs, l’aide fournie aux Ukrainiens puisse leur permettre de résister. Cela peut pousser Poutine à céder. A ce stade, je ne suis pas défaitiste sur la capacité de l’Ukraine à se relever de cette guerre menée par la Russie. Il y aussi un changement, une modification de l’ordre établi qui se met en place, avec le fait que Poutine devienne un paria, alors qu’il pouvait provoquer chez certains une forme de fascination, même en France, en tant que dirigeant fort. Il met en danger le monde entier et cela ne se pardonne pas. La question n’est même plus ukrainienne mais concerne l’ordre mondial. Il est allé trop loin. Quand la paix mondiale est menacée à ce point-là, cela ne se pardonne pas. Je ne sais pas dans quelle mesure les Russes sont capables de maintenir l’effort de guerre, mais on voit bien avec les militaires qui analysent la situation, que la Russie a parachuté les deux tiers de leurs efforts destinés à l’Ukraine. Ont-ils les moyens d’en envoyer davantage ? Prendront-ils le risque de le faire ? Et puis, il y a les négociations qui débutent aujourd’hui… Donc on ne sait jamais, il faut garder l’espoir et demeurer optimiste.

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