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Rentrée dans la Loire : malgré un nombre d’élèves en forte hausse, le secondaire perd des profs

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Une réduction de moyens pour le département que pointent, entre autres, les représentants Loire du syndicat enseignant « majoritaire » SNES FSU. Entre autres : la réforme du bac continue à poser question et les flous autour de la gestion du Covid dans le secondaire – collèges et lycées – sont légion selon le syndicat.

Moins de profs, plus d’élèves et toujours du flou, s’agacent les enseignants de la SNES FSU. © Photo d’illustration Pexels Fauxels.

« Comment on nous justifie ça ? Clairement par des restrictions budgétaires », répond la délégation Loire du syndicat enseignant SNES FSU, se disant « majoritaire ». Il rappelle qu’en 2017, l’académie de Lyon avait vu la création de 281 postes d’enseignants dans le secondaire avec l’arrivée de 3 326 nouveaux élèves. Pour cette rentrée, ce sera 3 884 : + 2 165 dans les lycées et + 1 719 dans les collèges. Les effectifs sont en hausse d’environ 800 élèves supplémentaires dans la Loire, à plus de 70 % des lycéens.

Or, « cette année, seulement 18 équivalents temps pleins  supplémentaires ont été affectés à l’académie. Et encore : Lyon fait partie des trois en France à voir ses effectifs progresser. Mais c’est très très insuffisant, insiste Claire Rollet, co-secrétaire départementale SNES FSU. Encore plus quand on sait que le Rhône voit, en fait, l’ouverture de deux établissements ! »

35 élèves par classe dans les lycées

Malgré sa hausse notable d’effectif, la Loire, elle, perd même une vingtaine de postes. « Nous nous retrouvons dans les lycées généraux où les séries (ES, L, S, Nldr), à la suite de la réforme, n’existent plus avec des classes en moyenne 35-36 élèves sur les troncs communs : histoire-géo, philo, français, assure Emmanuelle Richard, l’autre secrétaire départementale du syndicat, enseignante au lycée de Feurs. Parfois même en langues même si là, on est dans les spécialités que les élèves doivent désormais choisir. »

Nous aimerions bien avoir les informations nous concernant avant les annonces ministérielles dans la presse.

SNES FSU Loire

Dans les collèges, « on est désormais à 30 élèves, un seuil relevé il y a 3 ans, ajoute Claire Rollet. Sur la dotation horaire, c’est la plus faible connue depuis la réforme des collèges : elle n’augmente que de 0,2 % pour + 2 % d’effectifs dans notre département. Tout cela au détriment de la qualité d’enseignement dans les collèges. » Comme pour les lycées dans lesquels l’accentuation du contrôle continu dans l’obtention du bac ne va pas sans problèmes, selon la SNES FSU.

« L’énorme flou » autour des protocoles sanitaires

Claire Rollet et Emmanuelle Richard, co-secrétaires du syndicat enseignant SNES FSU.

« L’idée était de simplifier l’épreuve, déstresser les élèves : on a tout le contraire, estime Emmanuelle Richard. L’an dernier, c’était 10 % de bulletin, 30 % d’épreuves au cours de l’année, 60 % en épreuves finales à la fin. Désormais, on est à 40 % de bulletin. S’y ajoute le fait que Parcoursup se joue, plus que sur l’épreuve finale, dès mars, à partir du parcours scolaire. » Dans la majorité des disciplines, cela créerait une pression permanente de la part des élèves et parents inquiets sur les enseignants à chaque note rendue. « Les profs sont désormais juge et partie, quand l’ancien bac permettait un anonymat des deux côtés. Les élèves sont plus stressés et des inégalités fortes se constituent entre les établissement en raison d’exigences fatalement différentes. »

Le syndicat précise cependant que le ministère semble conscient de la problématique puisqu’il a lancé une démarche nationale d’harmonisation. Mais la liste de ses griefs ne s’arrête pas là. Il s’est évidemment longuement penché sur « l’énorme flou » autour des protocoles sanitaires.  « Certes, on a gagné en expérience, on sent globalement des collègues combatifs même si forcément certains vont manquer à l’appel en cette rentrée après 18 mois d’usure, note Claire Rollet. Mais nous aimerions bien avoir les informations nous concernant avant les annonces ministérielles dans la presse. C’est le flou sur à peu près tout. »

Pas de passe sanitaire sauf pour les sorties scolaires

Il va falloir nous expliquer comment nous allons pouvoir faire en même temps cours à une classe en présentiel et en distanciel

Syndicat SNES FSU Loire

Un protocole de niveau 2, sur 4 possibles, est activé en cette rentrée. « Mais on ignore tout des critères qui font passer d’un niveau à l’autre. Rappelons, parmi d’autres, la difficulté gigantesque d’enseigner l’EPS avec ces protocoles. » Le syndicat dénonce des paradoxes : « Le passe sanitaire n’est pas exigée pour les familles, quand elles viennent par exemple à une réunion, pour les élèves non plus, pas plus que les enseignants, vaccinés selon nos chiffres nationaux à 90 %. Mais en cas de sortie scolaire, par contre, oui. » Quant aux campagnes vaccinales annoncées par le ministre dans les établissements, « on ne sait ni quand, ni comment. Qui doit recueillir le consentement des parents ? Nous ne voulons pas et n’avons pas à avoir accès au dossier vaccinal des élèves. Enfin, qui accompagnera cette vaccination alors même que des établissements, deux dans la Loire, ont des effectifs de vie scolaire incomplets ? »

Rappelons qu’une situation de cas contact amène les élèves non vaccinés à rentrer chez eux pour suivre l’enseignement à distance. « Signalons, d’une part, que tout est déclaratif. Espérons que certains élèves n’en profitent pas, met en évidence SNES FSU. D’autre part, il va falloir nous expliquer comment nous allons pouvoir faire cours en même temps à une classe en présentiel et en distanciel. Même s’il y avait le matériel adéquat dans les établissements et chez les élèves, comment peut-on imaginer que cela soit possible techniquement avec une caméra braquée sur le bureau du prof ? »

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