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Covid : une étude mesure les premiers impacts économiques dans la Loire

• 10 décembre 2020 • Xavier Alix
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Les cinq organismes partenaires que sont Epures, Elo, l’Ursaff, la CCI et la CMA ont présenté, jeudi, leur publication annuelle sur les évolutions économiques dans la Loire. Avec le concours de Pôle emploi, cette synthèse consacrée à 2019, a intégré des données permettant de mesurer les premiers impacts macro-économiques du Covid. Pas de catastrophe. Pour l’instant…

Les pertes d’emploi (ou non) dans le privé sur le premier semestre 2020 en fonction des intercommunalités.

« La vraie crise économique, elle est pour 2021 » : l’avertissement est de Georges Dubesset, président de la CMA Loire. Chaque année, la chambre consulaire apporte sa pierre à l’étude Les évolutions économiques dans la Loire. Une articulation, dans un document commun, des données qu’elle observe avec celles de quatre autres partenaires : Epures (l’agence d’ingénierie urbaine au service des collectivités en Sud Loire), l’Urssaf, la CCI et ELO (Emplois Loire observatoire). La synthèse sur 2019 vient de paraître. Elle n’est pas comme les autres : elle s’enrichit d’une comparaison entre le premier semestre 2020 et celui de l’an passé 2019. Objectif : mesurer au mieux les premiers impacts économiques de la Covid dans la Loire. Il convient, certes, de relativiser au regard du nouveau confinement et de conséquences forcément plus longues à se dessiner. Mais voici ce que l’on peut – entre autres, nous ne pouvons pas être exhaustifs – observer.

Sur l’ensemble des effectifs salariés privés

Ils étaient en progression constante depuis 2014. Au 31 décembre 2019, 192 200 postes étaient comptabilisés. Les effectifs avaient légèrement diminué en 2018 (- 400 par rapport à 2017avant de  repartir à la hausse en 2019 (+ 1 100). Une progression qui s’est brutalement ralentie en 2020 en raison de la crise sanitaire. Au 30 juin 2020 par rapport au 30 juin 2019, on constate une perte de 5  120 postes (- 2,7%) pour 360 établissements en moins (- 1,8 %). Une proportion similaire aux niveaux régional et national.

Dans la Loire, si on affine à l’échelle des intercommunalités, quasi toutes en progression de 2018 à 2019, les trois employant le plus sont très impactées. Saint-Étienne Métropole qui compte pour plus de 62 % des emplois perd ainsi 3 900 postes (-3,3 %), Roannais agglomération 600 (- 2,2 %) et Loire Forez agglomération 400 (- 2 %). Forez Est (- 0,6 %), Charlieu Belmont communauté et Vals d’Aix et Isable s’en sortent bien. Avec une légère progression pour ces deux dernières. Les Monts du Lyonnais vont même bien (+ 3,3 %). Les trois plus grandes intercommunalités sont les plus dotées en emplois de service, secteur le plus touché par la crise.

Sur les secteurs d’activité

97 310 : c’est le nombre de postes que comptait le secteur des services privés dans la Loire en 2019 (+0,4 %), soit 51 % des emplois contre 42 % en 1997. Ils étaient 47 350 dans l’industrie (+ 0,3 %), soit 25 % contre 37 % en 1997. Une valeur cependant relativement stable (26 % en 2009) et largement au-dessus de la moyenne nationale (16 %). La part du commerce était à 16 %, avec une progression des effectifs d’1,2 %, la construction à 8 % (+ 1,5 %).

En comparant le premier semestre 2019 à celui de 2020, une perte de 4 450 postes est constatée dans les services (- 4,5 %). Bien sûr, intérim (- 1 800) et hôtellerie restauration (- 1 700) sont en première ligne. La chute est de 240 postes dans l’industrie (-0,5 %), qui a perdu des emplois d’abord dans la métallurgie et l’automobile. Mais en a gagné 120 dans le textile, grâce à la fabrication de masques. Le recul est de 360 postes dans le commerce (- 1,1 %), notamment de détail ; de 80 dans la construction (-0,5 %). À noter, en revanche, que si on isole l’artisanat, ce dernier progresse de 650 emplois (+ 2,8 %).

Sur les déclarations préalables à l’embauche

Aux trois quarts dans les services hors intérim, elles étaient déjà en diminution en 2019 : 205 200. Soit 6 000 de moins après une hausse de 300 déclarations de 2017 à 2018. L’impact du Covid est là, mesuré sur une comparaison des huit premiers mois de 2019 et 2020.

Cet impact est logiquement très sévère : la baisse globale est de 24 %. Elle est de -26 % pour les services, – 22 % pour l’industrie. Sur le type des contrats, les CDI annoncés reculent de 21 %. Les CDD courts (moins d’un mois) de -26 %, ceux long de – 17 %.

Sur les chiffres de Pôle emploi

Sur un an, du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020, le volume d’offres a baissé de 15 % (- 19 % à la fin novembre). Quant nombre de demandeurs d’emploi (catégories A, B, C), il a augmenté de 4,1 %. Alors que le nombre de demandes d’emplois enregistrés… baisse de 3,3 %. Explications : il y a moins d’inscriptions cumulées sur un an. Mais bien une hausse du nombre de demandeurs déjà inscrits sans aucune heure de travail en fin de mois. Ce qui signifie moins de sorties du chômage dans le contexte actuel (-12 % de retour à l’emploi). Le nombre de demandeurs a donc, bien augmenté. De 2 554 par comparaison entre le 30 juin 2019 et le 30 juin 2020.

Fin septembre, Pôle emploi comptait dans la Loire 60 000 demandeurs d’emplois A, B et C, soit + 2,8 % par rapport au même stade de l’année 2019. Au niveau de la catégorie A, ils étaient un peu plus de 38 000, soit + 5,2 %. Une hausse bien moindre que la moyenne régionale +  8,8 %. « La situation sanitaire ne se traduit pas – à date – par des destructions massives, commente Pôle emploi Loire. Notamment grâce aux fortes mesures de soutien de l’État. Le CSP (contrat de sécurisation de l’emploi), accompagnant les licenciés économiques est même en baisse sur les dix premiers mois de 2020. » Des pics ont été observés dans le Roannais à la fin de l’été avec un gros plan social. Tandis qu’en Sud Loire, l’impact d’autres (comme Kidiliz) devraient se faire sentir d’ici 2021.

Pas de surprise : les secteurs de la santé, des services à la personne, du bâtiment et celui des banques/assurances/immobilier continuent à recruter. Contrairement aux spectacle, hôtellerie/restauration et commerce/vente.

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