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Anne Hidalgo à Saint-Etienne : « La politique, ce n’est pas la Star Ac »

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Elle était hier à Besançon. Elle était aujourd’hui à Saint-Etienne. La maire PS de Paris, candidate à la présidentielle, a fait de la capitale de la Loire une étape de son tour de France. Après une table ronde avec des chefs d’entreprises à Châteaucreux puis un échange au Beer Garden, place Jean-Jaurès avec des professionnels des métiers de bouche, Anne Hidalgo s’est rendue au sein de l’agence de communication digitale Webqam.

Anne Hidalgo dans les salons de Webqam à Saint-Etienne ce mercredi. ©If media/Xavier Alix.

« Je ne reconnais plus rien ! » Saint-Etienne et le sud Loire ne sont pas complètement inconnus à Anne Hidalgo. C’est dans l’agglomération en 1982, que la future maire PS de Paris alors apprentie inspectrice du travail s’est rodée à son métier. Elle logeait alors à Saint-Symphorien-sur-Coise mais s’y rendait la journée. Ce stage achevant sa formation l’a par exemple amenée à côtoyer les derniers mineurs en activité dans l’Ondaine.

Le travail, il en a été d’ailleurs largement question lors de la séance de « micros tendus » proposée à la presse locale et nationale ce mercredi à l’issue de la visite de l’agence de communication digitale stéphanoise Webqam. If avait réalisé en mars dernier un article conséquent à cette entreprise en croissance continue : 4,1 M€ de chiffre d’affaires au dernier exercice 2020/21. Ses 57 collaborateurs peuvent depuis bientôt un an profiter d’un siège très fun aux allures de petit GooglePlex au Technopôle. 1 000 m2 sur six étages entièrement pensés pour faciliter leur bien être au travail.

« Les valeurs de bien être permettent de réussir »

Le monde de l’argent facile et de l’exploitation forcenée ne durera pas. Anne Hidalgo

Ce n’est pas pour déplaire à Anne Hidalgo : « Ces entrepreneurs passionnés ont compris le rapport au travail des plus jeunes. Ils ne sont pas sur un projet à court terme, qui exploite les salariés pour un maximum de rentabilité. Saint-Etienne a son histoire ouvrière, industrielle mais la présence d’une nouvelle économie qui porte des valeurs identiques est dans la continuité. C’est pour ça que nous sommes venus ici. C’est une entreprise qui réinvente le travail et s’inscrit dans son territoire. Ils me l’ont dit : ils ne sont pas non plus des « bisounours ». Mais ils savent que leur réussite passe par le bien être des salariés. »

Anne Hidalgo, dans sa tournée hexagonale lancée depuis l’année dernière mais qui s’intensifie à quelques mois des présidentielles dit voir des exemples de ce type partout en France « dans ce pays ultra centralisé » qui laisse parfois croire que la réussite passe forcément par certains canaux « comme l’Ena. Alors que c’est faux. Les valeurs, comme le bien être des autres, le permettent aussi. Le monde de l’argent facile et de l’exploitation forcenée ne durera pas ». On aurait presque crû un instant qu’une allusion à Zemmour allait être absente de propos relatifs à la présidentielle. Mais Anne Hidalgo n’a pas pu s’en empêcher : « Il est important de mettre cela en avant au lieu de toujours se déchirer sur l’immigration ou la non immigration. »

« On ne m’a jamais fait de cadeau »

Les 32 h ? Je ne suis pas pour une généralisation mais pour de la souplesse, du pragmatisme

Elle qui a travaillé au sein du ministère de Martine Auby, il y a bientôt 25 ans à la réduction du temps de travail sous Lionel Jospin, pense-t-elle qu’il est pertinent de passer 35 à 32 h hebdomadaires ? « Je ne suis pas favorable à une généralisation absolue de cette idée, à la rendre obligatoire. Je suis favorable à la souplesse, au pragmatisme. Si une entreprise considère que c’est ce qu’il faut faire chez elle, laissons là faire. C’est le choix que nous a expliqué un restaurateur à Lille pour qu’il parvienne à recruter. De la souplesse, notre gouvernement en aurait besoin quand on le voit réclamer une application aux 35 h piles au même prix aux collectivités… »

Est-elle lassée des attaques et moqueries sur ce que certains jugent comme un manque dynamisme de sa campagne (les sondages la maintiennent autour des 5 %) ? « On ne m’a jamais fait de cadeau. Je suis fille d’immigrés espagnols, d’un père ouvrier, d’une mère couturière. Pour moi, ça n’a rien de nouveau. Mais la politique, ce n’est pas la Star Ac, je poursuis sur mes valeurs, mes engagements, mes convictions. C’est ce qui m’a construit. »

Une rencontre avec Gaël Perdriau

A propos d’attaques, le gouvernement d’Emmanuel Macron en a naturellement fait l’objet lors de cet échange. Qu’il s’agisse de son attitude, de son « mépris » pour les élus, les acteurs locaux à la lumière, en particulier, d’une crise sanitaire où il a manqué d’anticipation et de réactivité. Sinon du verrouillage des discussions à l’Assemblée Nationale sur le passe sanitaire. Ou encore sur la situation aux Antilles entre manque de moyens encore plus marqués là-bas dans hôpitaux et l’oubli que la défiance envers l’Etat a été suscitée par ce même Etat. « Comment avoir un climat de confiance quand le gouvernement ferme les yeux pendant des années sur le scandale des pesticides ou des algues toxiques ? »

La nature des propos échangés en fin d’après-midi avec le maire LR de Saint-Etienne aura probablement été quelque peu plus cordiale. Anne Hidalgo après un passage chez Focal et avant un meeting ce soir à la maison de quartier de Solaure, bouclait en effet sa tournée stéphanoise par une rencontre avec Gaël Perdriau, « comme je le fais avec les maires, de droite ou de gauche, de toutes les villes où je vais. Je suis une Républicaine ».

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