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Fontanès : la nouvelle vie de château

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Propriété de Saint-Etienne Métropole depuis un quart de siècle, le château de Fontanès a été vendu à des investisseurs privés. Le projet orchestré et présenté par le cabinet conseil lyonnais Goodmatch consiste à créer un domaine touristique « écoresponsable et de qualité » avec des prix annoncés « accessibles » : chambres d’hôtel dans le château, restauration, « éco-lodges » et activités bien être, y compris dans le vaste parc.

Vue aérienne du château de Fontanès. ©Fertil Ink

Oui, les villageois conserveront ce droit. Celui d’arpenter librement, aux heures d’ouverture du futur domaine touristique, les 5 ha remarquables du parc et sa magnifique vue à 360°. Le vaste jardin d’un château qui fut les leurs et même de tous les Métropolitains 24 ans durant. Cette parenthèse publique d’une histoire presque millénaire, commencée par une forteresse médiévale du XIe siècle dont on devine encore la physionomie malgré une succession de remaniements – le dernier date du XVIIIe siècle – s’achève. « La commune n’en ayant pas les moyens, c’est Saint-Etienne Métropole qui avait repris les lieux au dernier propriétaire privé – un comité d’entreprise d’une banque parisienne, qui y organisait des colonies de vacances – en 1999 pour l’équivalent de 150 000 €, rappelle le maire actuel de Fontanès Michel Gandilhon. Dans un premier temps, c’était la volonté à l’époque, il était important que les habitants puissent s’approprier ce patrimoine communal emblématique. »

C’est désormais le cas avant tout pour l’extérieur. Mais la formule permettant d’optimiser l’utilisation des 2 400 m2 du château ayant fait l’objet de travaux au fil des ans de la part de l’agglomération, n’a, elle, jamais été trouvée. Si ce n’est pour l’accueil d’événements privés comme des mariages d’avril à octobre dans l’aile sud. « Cela fait de nombreuses années que nous tentions de donner au château une visée touristique, un hébergement novateur démarquant pour le territoire », explique Sylvie Fayolle, à la présidence par intérim de l’agglomération. En vain, jusqu’en 2020. Ces aspirations sociales à se « ressourcer » dans de l’authenticité que l’on prête tant au post confinement ont-elles marqué un tournant ? C’est en tout cas un aspect des motivations affichées par Frédéric Misiak, co-fondateur associé de la société lyonnaise Goodmatch. Un cabinet conseil en investissements d’attractivité, par exemple pour des projets de bâtiments, d’équipements de collectivités locales, de musées ou d’établissements d’enseignement supérieur.

Un marché à combler

Moins la piscine individuelle, voici à quoi devrait ressembler un « éco-lodge » 4 personnes du domaine. Visuel de la société Maisons Socopa transmis par Good Match.

A la suite d’un appel à manifestation d’intérêt, alors qu’une autre candidature de valorisation touristique a été préalablement écartée, faute d’avancées financières, c’est son projet pour le château de Fontanès qui a été retenu. La vente de l’ensemble – le tènement totalise 56 020 m2 –  pour 800 000 €, somme « conforme à l’avis de la Direction de l’immobilier de l’Etat », a été actée par le bureau métropolitain le 15 novembre. Pourtant, « nous ne sommes pas des promoteurs, rappelle lui-même Frédéric Misiak. Good Match, c’est trois personnes et un appel externalisé aux savoir-faire dont chaque projet de nos clients a distinctement besoin. Nous sommes cependant arrivés à un stade, d’autant plus avec la période Covid, où nous voulions mener nous-mêmes notre propre projet. Et pas pour faire de la défiscalisation. »

La situation est parfaite : dans une campagne préservée, authentique, hors du tourisme de masse mais à 25 min de Saint-Etienne et 45 de Lyon.

Frédéric Misiak, Goodmatch

Aussi, l’entrepreneur est-il parti de constats personnels : « J’ai trois enfants et je trouve qu’il est compliqué de trouver un beau lieu de vacances harmonieux qui plaît à tous sans tomber sur quelque chose d’excessivement cher. Entre ça et le camping, budgétairement, il y a un trou. » Donc un marché à combler. Ensuite, il y a « cette tendance générale pour les vacanciers à essayer de trouver un lieu écoresponsable, avec un caractère de naturalité. Ces critères représentent de nos jours 80 % des recherches sur booking en France ». Ce lieu idéal, « premium » même, Frédéric Misiak est certain de l’avoir déniché ici, dans les marches sud des Monts du Lyonnais. « La situation est parfaite : dans une campagne préservée, authentique, hors du tourisme de masse mais à 25 min de Saint-Etienne, 45 min de Lyon. » En découvrant les lieux et « leur qualité patrimoniale », le coup de foudre a été immédiat, raconte-t-il. Et « l’accueil chaleureux des locaux n’a fait que confirmer les choses ».

Un investissement de 8,6 M€

Frédéric Misiak, à droite, aux côtés des élus métropolitains lors de la présentation du projet. ©If Média/Xavier Alix

Le mot hôtel ne plait pas à Frédéric Misiak qui lui préfère davantage « hospitalité ». Et ce n’est pas que de la « com », assure-t-il : « Nous n’allons pas proposer quelque chose en vase clos mais au contraire ouvert et en lien avec le territoire, les producteurs locaux. Les gens pourront venir se promener dans le parc aux heures d’ouverture (6 h/23 h, Ndlr), sans être obligés de faire une de nos activités. Et celle-ci comme la restauration seront accessibles que l’on réside ici pour ses vacances ou non. » Bain nordique / sauna, yoga, séances de Pilates, massages, animations, ateliers, départ de cours d’équitation… : le parc sera l’écrin d’une offre loisirs / bien être. Il accueillera aussi, « bien plus que des simples cabanes en bois », une douzaine d’écolodges en ossature bois, « éco-responsables », à la location à partir de 110 € la nuit : six de 2 places, six de 4 places. A l’intérieur du château, d’autres activités en libre-service seront installées comme ce bassin de nage de 8 m sur 4,5 m, un salon de musique, un autre de lecture ou encore un spa. Une trentaine de chambre (300 € la nuit pour la plus chère, une suite) y seront aménagés.

Les lieux seront ouverts à de l’événementiel mais aussi aux séminaires d’entreprises et, comme actuellement aux événements familiaux grâce à 400 m2 spécialement dévolus. La capacité de restauration sera de 60 couverts en intérieur. Avec la possibilité de monter jusqu’à 300 en optimisant l’extérieur. Elle privilégiera un approvisionnement via les circuits courts, « dans un rayon de 80 km ». Les travaux de réaménagement puis la gestion des lieux sont annoncés comme soucieux de l’environnement. Le financement, qui devrait être appuyé par un prêt du Crédit Agricole Loire Haute-Loire, la BPI et l’argent d’un « fonds d’investissement hôtellerie » (Goodmatch aura la majorité des parts) s’élève à 8,6 M€. 18 emplois seront créés. Les travaux ne débuteront, eux, pas avant mars 2025, une fois purgées les étapes études, diagnostics, permis de construire. L’ouverture est ainsi espérée pour le printemps 2026. Frédéric Misiak qui parle d’une offre encore inexistante dans un rayon de 50 km (Valinches, récemment ouvert est toutefois à 40 km à l’ouest. MISE A JOUR 29 novembre : ajoutons aussi un projet proche de Fontanès dans l’esprit et l’ampleur dans le sud est du Pilat à La Chapelle-Villars), table sur un remplissage, semble-t-il, raisonnable de 54 % les premières années et un chiffre d’affaires de 2,7 M€. Le nom des lieux une fois rénové ? Un très simple Domaine & « Eco-Lodges » de Fontanès. 

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