Saint-Étienne
mardi 16 juillet 2024
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Coupe du Monde de rugby à Saint-Etienne : « Pour 1 € dépensé, plus de 4 rapportés »

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L’investissement public dans l’événement valait largement le coup. Davantage que pour le Tour de France et la Biennale du Design. En termes d’image pour l’agglomération stéphanoise, d’émotions positives apportées à ses habitants mais encore et surtout, au niveau des retombées économiques. C’est le message mis en avant jeudi dernier par Saint-Etienne Métropole qui a dressé un bilan très positif de l’accueil de la Coupe du Monde de rugby.

Geoffroy-Guichard a fait le plein (94 % de remplissage en moyenne) lors des 4 recontres accueillies, ici Namibie/Italie. ©If Média/Xavier Alix

Pour chaque euro d’argent public dépensé par la collectivité sur l’accueil de l’événement, ce sont 4,2 de retombées que ce dernier a généré sur le territoire. Une donnée issue des études menées par Saint-Etienne Métropole. A comparer avec l’organisation de la dernière Biennale du design (1,5 € généré pour 1 € investi) ou encore le dernier passage du Tour de France dans le sud Loire en 2022 (2,4 € générés), le ratio est extrêmement favorable à la Coupe du Monde de rugby 2023, accueillie sur le territoire métropolitain du 9 septembre au 1er octobre derniers. Et pas seulement les jours de matchs. De quoi justifier « un combat ». Celui qu’aurait mené la Métropole, assure son exécutif, plusieurs années en amont pour obtenir l’organisation de quatre rencontres à Geoffroy-Guichard.

Si certains spécialistes locaux du rugby estiment que la bataille était, en réalité, gagnée d’avance au regard de la volonté, de l’expérience stéphanoise (Euros de foot 1984 et 2016, France 98, Coupe du Monde de rugby 2007…) et de la jauge du Chaudron, 7e stade de France en capacités, Gaël Perdriau et Frédéric Durand, conseiller métropolitain en charge des grands événements assurent qu’il a fallu se plonger dans la mêlée. Malgré la capacité modeste de son stade Marcel-Michelin (19 000 places), Clermont-Ferrand et sa culture infiniment plus rugby que le bastion à manchots stéphanois aurait été un sérieux concurrent. La candidature de Saint-Etienne, défendue à partir de 2017, par le biais initial de Roland Goujon, prédécesseur de Frédéric Durand, « c’est une vraie volonté politique liée à celle d’attractivité territoriale, relève Gaël Perdriau. Pour y parvenir, nous avons pu compter sur l’écoute, les précieux conseils de l’ex-arbitre international Alain Ceccon et du président de la Fédération Bernard Laporte, alors président de la FFR (démissionnaire fin janvier à la suite d’un fugace retrait, Ndlr). »   

210 000 visiteurs cumulés

« Il y avait trois ou quatre villes en face de nous dont Clermont oui et d’autres, du Sud-Ouest. Non, ce n’était pas gagné d’avance », assure Frédéric Durand. La concurrence aurait-elle capté 12,1 M€ de retombées économiques comme Saint-Etienne Métropole (estimation obtenue avec l’Insee) dont 10,2 M€ de la part de visiteurs étrangers ? L’agglomération clame en tout cas avoir fait le bon choix en optant pour une gestion publique directe de son village rugby (lire ci-dessous), point névralgique de l’événement, plutôt que de recourir, a-t-elle souligné, au privé comme d’autres à une dispendieuse DSP, Délégation de service public. Subventions déduites, venant entre autres de l’organisation nationale, Saint-Etienne Métropole a dépensé, sur ses propres deniers, un total de 2,9 M€ (1,7 M€ allant dans la poche d’entreprises du territoire). Tout confondu : pour mettre en place son village rugby, ses animations, encadrer, guider et sécuriser la foule, former les 300 bénévoles remerciés à plusieurs reprises à la présentation du bilan jeudi dernier ou encore l’œuvre de communication. D’où la mise en avant de ce ratio très intéressant d’1 € dépensé, 4,2 de retombées.

Coupe du monde de rugby
La période aura logiquement bénéficié aux bars-restaurants du centre-ville. ©Ville de Saint-Etienne/Saint-Etienne Métropole

Il ne prend cependant pas en compte les derniers aménagements (et réparations des écrans mis à mal par une tempête) de Geoffroy-Guichard, les heures supplémentaires ou non consacrées à la compétition par les agents métropolitains et ceux de la municipalité stéphanoise. Ainsi que le travail effectué au niveau des transports par son prestataire Transdev, titulaire du marché la Stas. Le réseau était d’ailleurs gratuit les jours des matchs pour les détenteurs de billets et là aussi, la Métropole estime que la gestion de la mobilité a été bonne avec 16 000 personnes en moyenne transportées par rencontre. Au niveau des matchs, Geoffroy-Guichard a vu s’installer dans ses travées, 39 127 spectateurs en moyenne (plus de 94 % de taux de remplissage). Et l’agglomération a accueilli un total de 210 000 visiteurs du 9 au septembre au 1er octobre. Ce qui, évidemment, a bénéficié à l’hôtellerie, souligne le président de l’Office de tourisme métropolitain Robert Karulak. Même si les premiers bénéficiaires sont les plateformes de location entre particuliers, précise ce dernier, « les hôtels du territoire ont fait le plein en moyenne de 75 % à 80 % sur la période, pour certains à 100 % les jours de match. ».

75 % des primo-visiteurs pensent revenir

Au total, 110 000 nuitées ont été générées avec 52 % de touristes (distingués de l’excursionniste qui ne vient qu’une journée) hébergés dans le périmètre de la Métropole. Selon l’enquête de l’office, les touristes ont passé, en moyenne, quatre nuits dans un hébergement marchand. Visiteurs d’un jour ou touristes d’au moins une nuit ont dépensé 94,5 € de dépenses par individu. 30 % d’entre eux étant aller au restaurant, 12 % ayant effectué du shopping. 83 % des restaurateurs et 71 % des hébergeurs interrogés observent un impact positif sur leur volume d’activité, 100 % côté hôteliers. « Sur nos 210 000 visiteurs, nous avons 53 % d’étrangers et parmi eux, 22 % d’Argentins, 22 % de Portugais, 17 % d’Australiens et 20 % de Britanniques, détaille Robert Karulak. Les visiteurs français sont à 74 % de la région Aura. » Si 84 % n’étaient là que pour la Coupe du Monde, leur venue à tous est une fenêtre de tir inégalable pour forger une belle image de Saint-Etienne dans la boite à souvenirs, insiste l’élu stéphanois et métropolitain. A ce sujet, deux tiers des visiteurs seraient repartis avec une image positive de la ville et 75 % des primo-visiteurs « pensent y revenir un jour pour lieux découvrir le territoire ».

Les « primo-visiteurs » ont représenté 44 % des effectifs. Et si, avant d’arriver, 79 % d’entre eux n’avaient aucune image de Saint-Etienne, 10 % une image négative, ils sont 80 % à repartir avec une image positive et seulement 4 % négative. L’ensemble de données transmises par l’office sont issues d’une enquête de terrain sur huit jours au village rugby menées au sein du village rugby ainsi que dans le centre-ville (1 500 personnes interrogées, 818 retenues pour leur représentativité). D’ailleurs, cerise sur le gâteau, selon un cabinet indépendant, le même ayant œuvré dans toute les villes hôtes de France et « avec la même méthodologie », précise Saint-Etienne Métropole, c’est bien la capitale de la Loire qui aurait obtenu le meilleur retour de satisfaction sur la qualité de son accueil. Prochaine étape : Paris 2024 avec des rendez-vous périphériques à Saint-Etienne et ailleurs – comme du football à G.-Guichard – aux Jeux Olympiques et paralympiques. « Avec ce souci d’être le plus inclusif possible, nous veillerons à une répartition harmonieuse sur l’ensemble du territoire des animations et leurs thématiques ainsi que des retombées économiques », lance Sylvie Fayolle, présidente par intérim de la Métropole.

Près de 100 000 visiteurs ont fréquenté le « Village rugby »

Le Village rugby peu avant son ouverture. ©If Média/JT

97 450 exactement. Saint-Etienne Métropole a donc géré directement ces 20 000 m2 d’animations installés Parc François-Mitterrand, avec son écran géant, pour 1,7 M€ (dont 200 000 pris en charge par France 2023). Ouverts à huit reprises, les jours de match au stade Geoffroy-Guichard et lors de ceux du XV de France, les lieux n’ont pas été choisis par hasard car accessibles, à 15 min à pied, du stade, de la gare de Châteaucreux et du centre-ville. En moyenne, 13 025 personnes s’y sont rendus par jour d’ouverture avec une pointe à plus de 20 000 le 17 septembre lors de la victoire des Fidji face à l’Australie (22-15).

« Montré en exemple aux Australiens »

Au-delà des matchs en eux-mêmes, des initiations au rugby ou à d’autres sports, voire d’insolites animations et démonstrations – mini tournois par des étudiants, tournoi de rugby à 5, parcours d’accrobranches, « dart rugby », free style rugby, haka, stands de tir, compétition d’e-sport, babygym, structure gonflable, show des Crazy Dunkers – ont cherché à séduire un public large, familial et scolaire (600 élèves de 12 communes de la Métropole sont venus dans le cadre de l’école). Jusqu’à proposer deux journées dédiées à l’emploi en plus d’inévitables séances de prévention : sécurité routière, lutte contre le cancer du sein. Ainsi que 12 concerts gratuits auxquels s’ajoutaient des déambulations de danse, du théâtre, des jeux et autres marionnettistes.

« Le résultat de 2 ans de préparation », souligne Frédéric Durand, conseiller métropolitain en charge des grands événements qui a rappelé la teinte RSE et environnemental affichée par le village. « Le programme a été souligné par France 2023 et a été montré en exemple à une délégation australienne venue le visiter (l’Australie accueille l’édition 2027). » 

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