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dimanche 3 juillet 2022
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Le Domaine de Valinches a ouvert à Marols en faisant le plein d’emblée

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Nous vous parlions mi-octobre de ce projet fou mené par un entrepreneur du BTP à Marols, dans le Haut-Forez. Bruno Faure a repris le Domaine de Valinches et son château début 2020 pour en faire un lieu de réception (mariages, séminaires, réception et restaurant) qui n’a que très peu d’équivalents en Auvergne-Rhône-Alpes. L’essentiel des travaux envisagés est achevé. Et le réel démarrage des lieux opéré le week-end dernier s’avère très bon…

Vue aérienne du site. Photo fournie par le Domaine et Château de Valinches.

« Maintenant ? Et bien maintenant, je vais prendre – un peu – de repos. La nuit dernière a été ma première réellement sereine en 2 ans. » Le gros coup de pompe de Bruno Faure est la conséquence d’un grand coup de cœur. Cet entrepreneur du BTP – il s’est aujourd’hui retiré de la gestion directe de Pyramid, son entreprise au Chambon-Feugerolles –, ex-propriétaire de l’agence de communication lerptienne TV&Co disparue l’été dernier, avait eu le coup de foudre pour le domaine de Valinches et son château au premier regard.

Un ancien poste de garde situé à Marols sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle qui a 900 d’histoire derrière lui. Hameau fortifié comptant cinq corps de fermes au Moyen-Âge, ses 15 ha ont appartenu à la famille d’Assier, notables locaux plus tard anoblis, qui construisirent le château actuel en 1840. Le domaine appartenait par filiation à la famille Chavagnac lorsqu’il est racheté par des particuliers de Périgneux, les Pietroy en 2014 engageant des premières rénovations et une activité de fêtes de mariage avant de passer la main, donc, à Bruno Faure.

7,8 M€ HT investis à Valinches au total

Vue sur le château depuis l’étang. Photo fournie par le Domaine et Château de Valinches.

Le chef d’entreprise va y lancer un projet très, très ambitieux. Il faut dire que sa puissance financière est toute autre. Sur les deux dernières années, il aura finalement investi encore plus que ce qu’il nous avait dit mi-octobre : 7,8 M€ HT en comptant le matériel avec l’aide des collectivités locales – commune de Marols, Loire Forez, Département, Région, Ademe – davantage technique et morale que financière même si celle-ci existe : une subvention de l’Ademe avant tout, de 300 000 euros pour la réalisation d’un chauffage en géothermie (4 210 m de réseaux !).

La liste des autres investissements est longue : mise aux normes de la salle de réception principale des ex-dépendances (180 places, 290 m2), cour d’honneur réhaussée, chapiteau extérieure de 130 m2, métamorphose complète du château où ont été créées 16 chambres d’hôtel (la classification 4 étoiles est en cours), trois salles de séminaires de 39 à 43 m2 high-tech pouvant accueillir plus de 200 personnes en mode. Mais aussi un restaurant de 40 couverts en intérieur (+ 30 en extérieur), avec une possibilité de service dans les salons. Sans oublier les locaux techniques et de services qu’exige la dimension du site.  

Une centaine de couchage dont 30 chambres d’hôtel

Sylvianne Cellier (ColorArchiDéco, Montbrison) est derrière la décoration. Et Edouard Vindry (Saint-Galmier) a été l’architecte de la rénovation. ©If Media/Xavier Alix

Et puis il y a tout l’extérieur. Un environnement paysager refait à neuf qui compte nombre d’arbres monumentaux, plus de « 1 000 végétaux » au total. Citons cette roseraie de 350 plants (de chez Paul Croix, Bourg-Argental) d’où l’on voit le Pilat, ces six terrains de pétanque créés avec l’assistance technique d’Obut, ce petit étang sauvé de la perte des eaux, ce parking de 80 places, ce practice de golf que le propriétaire espère opérationnel d’ici l’été, comme d’ici ce printemps ce parcours santé de 2,5 km qui sillonnera 7 ha boisés, allant jusqu’à l’ancien moulin à Colza flanqué d’un barrage de 24 m de large et 6 de haut.

J’ai vécu ici jusqu’à mes 20 ans. C’était devenu extrêmement difficile pour ma famille d’entretenir ce domaine. Le voir revivre, aussi bien rénové, c’est merveilleux.

Béatrice de Chavagnac

L’essentiel est achevé. Aussi, Bruno Faure a-t-il organisé lundi une visite en présence, entre autres, des élus locaux – le maire de Marols Daniel Dubost, Christophe Bazile, maire de Montbrison et président de Loire Forez, le député et conseiller régional Dino Cinieri – pour marquer sa véritable ouverture. Le domaine accueillait déjà quelques séminaires et mariages à un rythme erratique, contexte sanitaire oblige, ainsi que des randonneurs à pied et hippiques, grâce entre autres à des roulottes installées dans le parc qui continueront à offrir 22 couchages supplémentaires. En ajoutant 14 autre chambres d’hôtel dans ce qui fut une écurie et les dortoirs actuels au-dessus de la salle de mariage qui deviendront peut-être à terme des chambres à leur tour, Valinches compte déjà une centaine de couchages.

Bruno Faure faisant visiter lundi dernier son domaine aux élus locaux – ici Christophe Bazile et Dino Cinieri – pas mécontents du nouvel atout touristique apporté au territoire. ©If Media/Xavier Alix

Déjà plus de disponibilité pour des mariages en 2022

Pour Béatrice de Chavagnac, de la dernière famille aristocratique propriétaire des lieux, invitée à voir le résultat, « c’est fabuleux. J’ai vécu ici jusqu’à mes 20 ans. C’était devenu extrêmement difficile pour ma famille d’entretenir ce domaine. Le voir revivre, aussi bien rénové, c’est merveilleux. » Le week-end dernier a vu l’ouverture officielle de l’hôtel et ses premiers clients qui pouvaient opter pour l’une des cinq gammes de chambres (85 à 135 euros la nuit). Le restaurant « bistronomique », L’instant présent, ouvert 7 j/7 12 h et soir sur réservation a fait le plein d’emblée au point de refuser du monde.

C’est l’entreprise Sam Outillage qui a ouvert le bal en ce début de semaine l’activité séminaire au sein même du château. Les réservations s’enchaînent d’ailleurs à ce niveau à la grande satisfaction des hôtes du site apte à accueillir aussi des galas ou des lancements de marques. Mais c’est l’accueil de mariages qui fait déjà le plein en 2022 avec pas moins de 30 réservations, dont deux « internationales », le domaine étant déjà référencé sur des sites anglo-saxons spécialisés. Pour 2023, juin, juillet et août sont déjà pris aussi.

 

La plus grande salle de réception, dans les ex dépendances : 290 m2. Photo fournie par le Domaine et Château de Valinches

Peut-être une seconde phase d’investissement

Un démarrage à la hauteur des ambitions de Bruno Faure qui emploie ici une dizaine de personnes. N’attendant pas une rentabilisation de son investissement avant une douzaine d’années, il pense que « nous serons à l’équilibre dès cette année, positif en 2023. Après quoi, les nouveaux aménagements se feront en auto-financement ».

Car oui, les investissements à Valinches ne devraient pas s’arrêter là entre rénovation du pigeonnier, de la chapelle (et pourquoi pas la reconsacrer ?), la création d’un villa hôtel supplémentaire, d’un éventuel Spa et/ou d’une piscine intérieure, une zone de permaculture, la plantation d’arbres fruitiers, voire de vignes, histoire « d’essayer » même si on est à 800 m d’altitude. Là aussi, la liste serait longue à faire. Même Bruno Faure s’y perd !

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