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Nigay : le caramel dans tous ses états

• 14 novembre 2020 • Emilie Massard
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Depuis 1855, de la fécule de pomme de terre aux caramels en tout genre, la famille Nigay a su mener les bons combats et développer une activité qui rayonne désormais à travers le monde.

Yves et Henri Nigay représentent la cinquième génération à la tête de l’entreprise familiale © EM / IF Média

L’histoire de la société Nigay n’a pas toujours été liée au caramel. Elle débute en 1855 avec la création d’une entreprise d’extraction de fécule de pommes de terre par Jean-Marie Nigay et Antoine Ray. En 1910, à la féculerie installée à Feurs s’ajoute une activité de glucoserie.

Fécules et glucose perdurent pendant de nombreuses années et plusieurs générations à Feurs. Dans les années 1960, la société doit faire face à l’abandon de la culture de la pomme de terre dans la région. Deux options s’offrent alors à François Nigay, père d’Henry et Yves, actuels dirigeants : déménager ou grandir. Il choisit la deuxième et rachète la société Mombron et Bon, fabricant parisien de caramels aromatiques et colorants. « Nous avons récupéré le savoir-faire et la clientèle de Mlle Bon, ingénieure, qui cherchait une succession », souligne Henri Nigay. Le caramel fait donc son entrée dans l’ancienne glucoserie, et les premiers arômes se feront sentir dans la nouvelle usine en 1973. Une deuxième usine sera implantée en 2017 dans la Somme.

La société dispose de deux usines, à Feurs et dans la Somme, pour produire des caramels liquides, pâteux, en poudre ou en éclat.

Caramels colorants, aromatiques… ou les deux

Après des stages saisonniers et des remplacements, diplômes de chimie en poche, Henri et son frère Yves entrent dans la société au milieu des années 1980. Sous la direction de la cinquième génération, l’entreprise familiale prend un nouvel essor, en particulier à l’international.

Entre 1985 et 1992, la production passe de 3 000 à 12 000 tonnes par an. Grâce notamment au développement de caramels aromatiques, qui permettent de pénétrer le marché de l’industrie laitière. Et plus particulièrement d’un caramel épaissi, dont la « dégoulinabilité » a fait l’objet d’un travail important. Pas question en effet que le caramel dégouline trop ou pas assez vite sur un flan !

On essaye de se défendre d’accusations souvent mensongères, en contrant le food-bashing par des arguments scientifiques.

Henri Nigay

Après les produits laitiers, les caramels Nigay réussissent à s’introduire dans les boissons gazeuses pétillantes avec leur caramel colorant. Si Nigay compte de prestigieux clients internationaux dans ce domaine, la société travaille également en local. Elle a notamment développé, avec la brasserie La Germanoise, un cola dans lequel le caramel apport goût et couleur.

Les caramels Nigay viennent agrémenter les produits de l’industrie agro-alimentaire comme de l’artisanat. 

Une histoire de combats

Pour la famille Nigay, les batailles à mener sont nombreuses pour faire vivre et développer la société. D’abord en interne, avec une attention toute particulière portée à la qualité et au développement durable. De nombreuses certifications et diplômes en attestent.

Lorsque nous souhaiterons passer la main, les droits de succession pourraient plomber la société. Nous militons pour être traités au moins à égalité avec nos concurrents européens à ce sujet.

Henri Nigay

Vis-à-vis du grand public, il faut se battre contre les idées reçues. « La mode est au dénigrement des additifs alimentaires, sur des applications comme Yuka par exemple, note Henri Nigay. On essaye de se défendre d’accusations souvent mensongères, en contrant le food-bashing par des arguments scientifiques ». L’entreprise prône aussi le « clean label » : « On se bat aussi pour inciter les industriels à être transparents dans leur composition, et à ne pas déclarer un burn-sugar (sucre caramélisé) à la place d’un colorant pour le camoufler », précise le dirigeant.

Le prochain combat de la famille Nigay ? Militer pour la réduction des impôts et droits de succession pour les entreprises patrimoniales et familiales. « Aujourd’hui, trois représentants de la sixième génération travaillent dans l’entreprise, explique Henri Nigay. Lorsque nous souhaiterons passer la main, les droits de succession pourraient plomber la société. Nous militons pour être traités au moins à égalité avec nos concurrents européens à ce sujet. »


Nigay en chiffres :

  • 70 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019
  • 66% du CA à l’export
  • 265 salariés
  • 119 projets R&D ouverts en 2019
  • Plus de 450 références de caramel
  • 2 kg de caramel Nigay sont consommés chaque seconde dans le monde
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