Saint-Étienne
samedi 10 décembre 2022
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Saint-Etienne Métropole « ne fera pas du Amazon » avec Stelytec II

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Elle assure manquer de foncier « vierge » pour répondre à des projets d’implantation industrielle conséquents. Mais Saint-Etienne Métropole espère tenir une solution avec la création de Stelytec II dans le Gier. Déjà une arlésienne, la nouvelle zone d’activité, priorité de la collectivité, a fait l’objet d’une nouvelle étude dont les résultats suscitent la révolte d’habitants, en particulier de la commune de L’Horme où 30 ha agricoles, sinon affectés à l’aérodrome de Planèze, sont préalablement visés. Un collectif s’insurge contre ce qu’il estime être une gigantesque gabegie à venir.

Quand les humeurs sont à vif, les rumeurs fleurissent. « Ils vont nous prendre plus de 100 ha ! », « le gars de Métropole qui a parlé à la presse s’est fait virer » ou meilleur encore : « Amazon va arriver, c’est fait ! ». Directement entendues ou lues, sinon rapportées, ces affirmations ne sont pas celles des porte-paroles du collectif « Ne laissons pas Stelytec II voler nos champs ! ». Évidemment, « il peut y avoir parmi nos sympathisants, des gens qui disent ça ou croient sincèrement avoir compris ça. Mais ce n’est pas ce que nous, en tant que porte-paroles, véhiculons. Nous, notre argumentation se base sur des faits, des documents, des votes. Nous sommes un certain nombre à connaître les arcanes de la sphère publique pour y avoir travaillé. » Michel Ferrand est l’un d’eux.

Cet habitant de L’Horme, proche riverain de l’aérodrome de Planèze à la limite avec Saint-Chamond, est retraité depuis 10 ans de l’ARS (Agence régionale de santé) où il était responsable du service environnement et santé publique. Aux côtés de quelques autres riverains, il est à l’origine du collectif parti d’une association de lotissement puis d’une page Facebook lancée en avril. Après plusieurs réunions, le 25 juin, à l’aérodrome de Planèze, celui-ci manifestait son existence sur le terrain réunissant environ 350 personnes pour s’opposer au projet d’extension de la zone d’activité Stelytec, envisagé essentiellement sur la commune de L’Horme. Une pétition sur le web a, elle, dépassé les 1 000 signatures le 9 juillet. S’y ajoutent près de 250 version papier. L’idée d’un Stelytec II ne date pourtant pas d’hier. Et Saint-Etienne Métropole n’en est pas à sa première étude.

La fin du projet A45 a-t-il fait évoluer les terrains visés ?

30 des 35 ha de la vaste zone Stelytec II sont envisagés sur cette zone au sud de l’A47 selon ce documment issu du PPA transmis par le collectif d’opposition. Stelytec I est à l’ouest de celle-ci, l’aire de service Pays du Gier en haut à gauche.

Elle a été à la fois motivée puis freinée par le serpent de mer A45 et date même des années 90, avant même l’existence de Métropole. Remise sur la table à plusieurs reprises, elle avait fait débat – entre autres – sous le mandat de Philippe Kizirian, maire de Saint-Chamond de 2008 à 2014, alors vice-président à l’économie de l’intercommunalité. Les 25 ha de Stelytec I affichant complet et arguant de rater régulièrement des opportunités d’implantation économique pourvoyeuses d’emplois, les majorités successives ont fait de ce secteur très bien desservi (A45 ou non) pour être bien placé entre Saint-Etienne et Lyon et à la sortie immédiate de l’A47 – de quoi faire mouche selon elles auprès des investisseurs – une priorité métropolitaine. Mais en 2019, une nouvelle étude est commandée. Ce sont ses conclusions qui ont déclenché l’ire l’hormoise, avec le sentiment que les choses se passent volontairement en catimini.

Jusque-là, les dizaines d’hectares visées pour Stelytec II, étaient en grande partie situées à Saint-Chamond, au nord de l’A47 et articulées avec le projet de l’A45. Cette dernière, déjà bien scellée aux cartons, s’était mise à sentir très fortement le sapin à partir de 2018. Deux études auraient donc été commandées dont une sans la nouvelle autoroute. A l’été 2020, le gouvernement met définitivement hors-jeu le projet d’autoroute. Du moins… officieusement. 2 ans ont passé. Et l’Etat n’a toujours pas officialisé son abandon, bloquant ainsi toujours et encore, pour des raisons sibyllines, des centaines d’hectares liés au fuseau projeté dans les documents d’urbanisme du sud Loire ! C’est donc apparemment le scenario d’un Stelytec II « sans » qui a été privilégié afin d’avancer. Et il n’est plus question de terrains au nord de l’A47 mais au sud de celle-ci.

Une évolution sur le terrain de la discrétion ?

Une partie des 30 ha de L’Horme où pourrait un jour s’installer Stelytec II. Photo transmise par Michel Ferrand.

Une petite partie se situe à Saint-Chamond, mais l’essentiel – 30 ha – appartient à la commune de L’Horme recouvrant des champs agricoles, quelques habitations privées, le terrain de l’aérodrome de Planèze et bordant de larges lotissements au sud. « J’ai été adjoint municipal aux travaux et à l’urbanisme de L’Horme sous Solange Berlier (maire de 1995 à 2014, Ndlr) puis aux finances jusqu’en 2020 et je peux vous dire qu’il n’avait été jamais question de ces terrains-là jusque-là », assure Jean-Paul Gallay, autre animateur du collectif. Vers 2017, selon l’ancien élu, l’agence d’urbanisme au service des collectivités publiques du sud Loire, Epures aurait dans son analyse de conformité des PLU (plans locaux d’urbanisme) au Scot sud Loire, identifié sept terrains économiques stratégiques d’intérêt métropolitain.

« Il y avait parmi eux la création de Stelytec II oui, mais annoncée clairement à Saint-Chamond et pas à L’HormeOn a découvert cette évolution avec le vote, fin mars dernier, au conseil municipal de L’Horme du Projet partenarial d’aménagement (PPA) Gose (Gier-Ondaine-Saint-Etienne Sud) porté par Métropole dont Stelytec II est un élément. Si le conseil municipal n’avait pas refusé cet élément du PPA, ce serait peut-être encore sous cloche. » Il n’y a absolument « rien sous cloche puisque cela passe en conseil communautaire et en conseil municipal. Tout est évidemment public et accessible à tous », rétorque Hervé Reynaud, maire de Saint-Chamond et 1er vice-président de Saint-Etienne Métropole aux grands projets.

« Rien n’est encore acté »

L’aéro-club va voir sa convention d’occupation de Planèze reconduite mais l’aviation civile n’exige plus désormais son existence selon le maire de L’Horme. ©If Media/Xavier Alix

« Ce qui est pour l’instant sur la table et vu dans le PPA n’est qu’une pré-étude, très en amont. Rien n’est acté. La preuve, c’est que nous allons reconduire la convention avec l’aéro-club pour 2 ans jusqu’à fin 2024 (l’aérodrome de Planèze est situé à L’Horme mais le terrain est propriété couramiaude). » Hervé Reynaud ajoute que le PPA, voté dans 13 communes de la métropole concerné, ne se limite pas à Stelytec II mais concerne plus d’un grand projet de la métropole : « On y retrouve 27 zones en projets. Du logement, de l’économie, pour du cadre de vie aussi, où là, on va désartificialiser. En font partie la Zac Pasteur à L’Horme, Duralex à Rive-de-Gier, la reprise d’autres friches, comme celle d’Akers dans l’Ondaine. C’est un des PPA les plus avancés de France. Nous avons voulu le faire voter le plus vite possible même si cela a pris près de 2 ans avec le Covid : car signé par l’Etat (le 27 avril 2020, Ndlr), une fois voté dans les communes le document permet de l’engager à coup sûr l’Etat dans des financements. »

Oui, l’étude de 2019 a identifié ces terrains-là. Mais on parle de quelque chose qui, en réalité, n’a même pas commencé.

Hervé Reynaud, maire de Saint-Chamond, 1er vice-président de Saint-Etienne Métropole

Et en ce qui concerne Stelytec II, le 1er vice-président de Métropole argue que le processus de consultation va justement pouvoir commencer et les oppositions au projet s’exprimer en suivant le cheminement administratif habituel, des études plus détaillées devant être lancées au 2e semestre. « Alors oui, celle de 2019 a identifié ces terrains-là. Mais on parle de quelque chose qui n’a même pas commencé. Les mesures d’impact technico-environnemental restent à lancer, il y a aura plusieurs votes, une enquête publique. Et le périmètre n’est pas du tout défini. Peut-être qu’il découlera de tout ça qu’il ne faut faire que 10 ou 15 ha. Il n’est pas impossible que l’aérodrome de Planèze soit maintenu. » Quoi qu’il en soit, si les travaux devraient être lancés – Métropole devra-t-elle passer par une DUP (déclaration d’utilité publique) ? – il n’y aura pas de coup de pelle avant 3 ou 4 ans minimum.

La position difficile de L’Horme 

Extrait du plan guide du PPA qui entoure sur l’est de Saint-Chamond et L’Horme des zones d’intérêt communautaire. En haut en rose, des zones économiques dont l’existant Stelytec I au centre et son extension sur la droite.

Élu maire de L’Horme en mars 2020, un gros mois avant la signature du PPA entre Etat et Métropole, Julien Vassal, assume le vote de son conseil sur le PPA en mars : « Nous n’avons pas voté contre mais émis une très forte réserve sur le projet n° 15 qu’est Stelytec II. Le PPA Gose, c’est un excellent projet destiné à requalifier et dynamiser les fonds de vallée à la fois sur l’économie et le cadre de vie. Et au milieu, il y a cette zone qui n’a rien à y faire : elle n’est pas en fond de vallée et n’est pas une requalification comme le reste. Le PPA est travaillé depuis 2017 et on a découvert que récemment que l’on visait ces 30 ha, via ce document confus du plan guide transmis. Sans doute qu’il a fallu adapter le projet avec l’abandon déjà attendu de l’A45. Avant cette extension, l’idée était surtout d’aller au nord de Saint-Chamond. J’ajoute aussi que par rapport aux années 2000/2010, l’aviation civile a baissé ses exigences sur le maillage : la présence « d’aérodromes relais » comme Planèze n’est plus requise. »

Cette zone n’a rien à faire dans le PPA : elle n’est pas en fond de vallée et n’est pas une requalification comme le reste.

Julien Vassal, maire de L’Horme.

Présent à la manifestation organisée par le collectif le 25 juin, Julien Vassal n’a pas pour autant claqué la porte au nez de l’exécutif métropolitain alors que le PLUI (Plan local d’urbanisme intercommunal) est en discussion et ne sera sans doute pas voté avant 2025. « Il faudra aussi attendre la fin du mandat pour la fin des études sur Stelytec II. Mais je souhaite rester à la table des négociations. Si ça doit se faire, nous ferons tout pour réduire au maximum les nuisances, la surface. Car nous restons convaincus que l’on ne met pas assez d’énergie dans les dents creuses : il reste des mètres carrés à réaffecter. Il y a ceux de Zannier, juste à côté de Stelytec I (Kidiliz, Ndlr) et il peut y en avoir des nouveaux ailleurs. Haulotte va sans doute déménager son site de production de L’Horme pour centraliser ses activités sur Lorette… »  

« Il y a un manque d’informations » 

Le maire a, dit-il, obtenu sa présence (avec celle du maire de Saint-Chamond) dans la création d’un Copil (Comité de pilotage) de suivi. « Si vous voyez, sans loupe, dans le plan guide du PPA, les 30 ha sur l’Horme visés pour Stelytec II, vous disposez d’une excellente vue, remarque de son côté mi amusé mi très agacé Michel Ferrand du collectif de riverains opposé au projet. Non, les faits sont là : cette option, différente de tout ce qui avait présenté depuis des années et des années, est arrivée brusquement et discrètement. On ne dit pas les choses clairement. Il y a un manque d’informations, c’est pour cela que nous avons voulu attirer l’attention. » Plutôt réussi. « Nous faisons cela sans visée politique dans le respect des règles et des personnes », insiste-t-il cependant.

Photo transmise par Michel Ferrand montrant des propriétés face aux champs et au terrain de Planèze pouvant devenir zone d’activités.

Mais il n’en démord pas : « On est considéré comme quantité négligeable broyée par un rouleau compresseur administratif. Nous avons là une zone naturelle, agricole, le dernier grand poumon vert, de campagne sur le territoire de la commune où tout le monde va se promener. » Michel Ferrand ajoute : « A une époque qui parle d’urgence écologique, d’agriculture locale, de sécurité alimentaire, il faudrait urbaniser ces hectares ? On marche sur la tête. Alors même que nous sommes dans une métropole qui a déjà énormément artificialisé sur la dernière décennie pour un nombre d’habitant stagnant. » Effectivement, c’est ce que le dossier que nous avons publié du 3 juin indiquait. Avec une mention particulière pour… L’Horme où entre 2009 et 2019 15 ha ont été consommés pour une progression totale de… 7 habitants sur ces 10 ans.

14 ha artificialisés pour l’habitat à L’Horme de 2009 à 2019

Pourtant, 95 % de cette artificialisation ont été affectés à l’habitat : les lotissements rognant sur la campagne y ont poussé comme des champignons, à proximité, d’ailleurs, de l’hypothétique Stelytec II… « Bien sûr que nous sommes pour plus d’emplois et nous ne disons sûrement pas que Métropole veut faire là de la logistique mais pourquoi tout concentrer là ?, s’interroge Michel Ferrand. Or, parallèlement, nous ne voyons pas une grande volonté de la part des pouvoirs publics de reconvertir les friches industrielles. » Cela fait bientôt 44 ans qu’il habite L’Horme et « je n’ai toujours pas vu la reconversion de la Zac Pasteur concrétisée. Même si oui, il y a énormément de difficultés et des freins. » Si Julien Vassal considère qu’on l’on pourrait davantage améliorer l’accès » aux friches pour les rendre plus facilement accessibles aux entreprises il nuance lui aussi : « Les consignes étatiques de dépollution ne sont pas les mêmes entre un projet de particuliers et celui d’une collectivité publique ».

Nous ne voyons pas une grande volonté de la part des pouvoirs publics de reconvertir les friches industrielles.

Michel Ferrand, porte-parole du collectif Ne laissons pas Stelytec II voler nos champs !

Alors ces fameuses friches, Métropole les néglige ? « Mais on ne fait que ça de s’en occuper !, défend Hervé Reynaud. C’est bien Métropole qui les récupère chacune à leur tour pour en faire quelque chose. Et l’exemple de Novaciéries où 80 M€ ont été mis montre que l’on n’a pas commencé hier. Plus récemment, on peut penser à l’installation d’Haulotte rue Adèle-Bourdon à Lorette. Sur les 27 projets du PPA, il y a énormément de reconversion de friches : la reconversion entamée de Duralex – mais pas que – en particulier où pas moins de 50 M€ sont investis. Julien Vassal a parlé de 90 000 m2 en friche disponibles dans sa commune mais sur cet ensemble il y a le cas de Mavilor qui compte pour 64 000 m2 déjà affectés à un projet. »

Des projets économiques majeurs passés sous le nez

Les 25 ha de Stélytec I affichent complet. ©If Media/Xavier Alix

Seulement, entre l’administratif, voire la justice comme dans le cas de Duralex, projet retardé par les exigences du liquidateur judiciaire auprès de la collectivité sur le montant du rachat du terrain, les processus de dépollution, du moins quand tout le monde est d’accord sur leur niveau (ce qui bloque actuellement le cas Akers à Fraisses par exemple, la Dreal exigeant davantage d’Epora à ce sujet), le lancement d’une requalification peut se faire attendre longtemps. Beaucoup trop longtemps pour bien des investisseurs, argue Hervé Reynaud. « Mais bien sûr que l’on compte aussi sur ces friches. Seulement, ce que peut attirer Stelytec II, ces friches ne le peuvent pas en étant trop insérées pour bien des projets dans le tissu urbain ou trop petites.» En 2021, ce sont 300 prospects de projets économiques – industriel, logistique, commerciaux – auxquels Métropole dont c’est la compétence n’aurait pas pu répondre. 90 % de ces projets sont endogènes.  

Si les entreprises n’ont pas la capacité de pouvoir se développer chez nous, elles iront ailleurs.

Hervé Reynaud, maire de Saint-Chamond, 1er vice-président de Saint-Etienne Métropole

« Si elles n’ont pas la capacité de pouvoir se développer chez nous, ces entreprises iront ailleurs », souligne Hervé Reynaud pour qui il devient urgent de trouver des solutions face à une pénurie de foncier destiné à l’économie productive. Stelytec II en est une pour lui. La zone doit, aux yeux de Métropole, accueillir des projets industriels majeurs cohérents avec le savoir-faire de pointe ligérien d’investisseurs en quête de grands tènements qui ne sont pas intéressés par des friches. Hervé Reynaud nous l’avait déjà dit et nous le redit à cette occasion. Il assure que sur le mandat précédent, une dizaine de projets de ce genre pourvoyeurs de quelques dizaines et parfois de plus de 100 emplois n’ont pas pu se faire faute de lieu suffisant où les installer.

Et la santé (publique) dans tout ça ?

« Alors, non, on ne va pas créer Stelytec II pour faire du Amazon ! C’est tout à fait vrai de dire que la logistique n’apporterait pas assez d’emplois. Encore une fois, on manque de m2 disponibles. Hors de question d’en griller autant pour 10 ou 15 postes. » Le maire de Saint-Chamond conclut en, synthétisant : « On nous demande à juste titre pour ce territoire des emplois, des villes apaisées et moins de déplacements pendulaires qui polluent. Alors oui, il faut de quoi accueillir des entreprises. Et on pourrait le faire davantage avec Stelytec II qui avec une trentaine d’ha pourrait selon les estimations donner entre 400 et 500 emplois. Tout le monde veut des routes rapides mais pas devant chez soi. Tout le monde veut des emplois, mais pas devant chez soi. On me parle d’agriculture, de circuits courts : sans consommateurs à proximité, pas de débouchés. »

En tant qu’ex de l’ARS, Michel Ferrand craint l’impact au niveau de la pollution. ici un phénomène de brouillard et d’inversion de température dans le fond de vallée. Photo transmise par Michel Ferrand.

Michel Ferrand, cependant, en ancien de l’ARS met dans la balance un autre argument : la santé publique. « Toute ma vie professionnelle, j’ai travaillé avec les entreprises pour leur demander de mettre des distances suffisantes entre leurs activités et les habitations. » Or selon, la projection du PPA, si les 30 ha de la zone étaient retenus, ils feraient directement face aux lotissements. « On peut estimer que 1 500 habitants environ seraient exposés. Rien que dans la zone où j’habite, j’ai tracté dans 300 boites aux lettres. Ce qui doit correspondre à environ 900 habitants. Je suis bien placé pour savoir qu’il y a toujours un risque, et fatalement toujours des dysfonctionnements malgré les règles, les évolutions puisqu’elles reposent en grande partie sur l’auto-contrôle et qu’un accident, ça arrive. Je ne doute pas de la qualité paysagère de la zone, mais plus de ça, des rejets, des bruits, des odeurs, des poussières. »

Eloigner les nuisances en périphérie ?

Et d’ajouter : « Allez demander aux riverains du côté de Gedimat et de l’entreprise de transports, juste à côté, s’ils ne font pas plus souvent le ménage depuis leur extension… On dépasse déjà régulièrement les valeurs seuils sur la pollution atmosphérique dans la Métropole malgré les risques avérés pour les personnes âgées et cardiaques. » Pour lui, le PPA jette sa volonté sur ces 30 ha sans anticiper à un seul moment ce sujet. A ses yeux, il s’agirait peut-être même d’éloigner volontairement au maximum les nuisances des fonds de vallée pour les rejeter en périphérie : « Le PPA ambitionne une grande coulée verte de Saint-Chamond au Rhône sur toute la vallée et hachure tout le long, sur 40 km de vastes zones de part et d’autre du Gier. Qu’est-ce que cela signifie pour les habitants ? Les entreprises ? Va-t-on les bouger, les relocaliser ? ».

Extrait du plan guide du PPA qui évoque le verdissement du fond de la vallée du Gier.
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