Saint-Étienne
jeudi 1 décembre 2022
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Duralex : des images de son avenir et un point d’étape à Rive-de-Gier

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Nous vous l’avions détaillée fin novembre. La requalification par Saint-Etienne Métropole des friches de l’ancienne verrerie Duralex suit son cours. Alors que l’ensemble des bâtiments a désormais disparu, la collectivité a effectué, mardi, un point d’étape sur le projet. Il était principalement axé sur l’élargissement du Gier et les précautions écologiques prises.

Vue aérienne du site au moment où le canal de dérivation entait en fonction il y a quelques semaines. ©Saint-Etienne Métropole

« C’est long, ça fait du bruit, de la poussière et de la circulation. Mais c’est pour la bonne cause », résume Vincent Bony. Afin de donner le plus d’éléments possibles aux riverains et plus largement aux habitants de sa commune, le maire de Rive-de-Gier tenait à faire un point d’étape aux côtés des services de Saint-Etienne Métropole sur le projet de requalification du site Duralex mené par l’intercommunalité. En lieu et place de l’usine, emblématique de la feue activité verrière locale et fermée depuis 15 ans, elle qui a tant compté dans le quotidien des Ripagériens, doivent prendre place d’ici 4 ou 5 ans, une zone d’habitat « mixte ». C’est-à-dire à la fois du petit collectif et de l’individuel, de la propriété, du social et du standing. Soit 120 à 150 logements côtoyés par une petite zone « d’activités productives » et non commerciales (un ou deux commerces au maximum seront admis dans la zone).

Un projet qui va coûter environ 50 M€ en comptant les 11 M€ HT* actuellement consacrés à sécuriser le site (après qu’Epora l’ait rasé et dépollué) tout du long, bordé par la rivière Gier, soit sur 700 m. D’ailleurs sa plus grande partie – plus de 4 ha sur 6,5 ha, davantage que ce qui nous avait été indiqué cet automne – sera dévolu à un parc urbain permettant, là encore, à une crue du Gier de s’étaler et donc d’éviter de voir Rive-de-Gier, replonger dans les inondations. La commune en a suffisamment souffert : elle est la plus exposée au risque sur ce bassin versant. Ce mardi matin, alors que s’activent les engins de Colas, entreprise titulaire du marché en cours, les traces des ponts favorisant la montée des eaux qui franchissaient le Gier et détruits en urgence à la suite du dramatique épisode de 2008 sont encore visibles sur le mur restant. Celui côté sud de la rivière, au pied de la MJC.

Le Gier aura entre 30 et 50 m pour s’étaler

Vue côté nord du Gier sur la MJC avant les travaux et… ©Saint-Etienne Métropole
…même vue après les travaux du parc, toujours sur la MJC avec ces gradins sur la pente des berges sud. ©Saint-Etienne Métropole

Ce vestige d’une canalisation du cours d’eau, fruit inconscient d’une industrialisation révolue indifférente aux conséquences de ses initiatives, sera bientôt lui aussi détruit. D’ici novembre 2024, l’élargissement des berges, étape préalable aux constructions lancée il y a sept mois, sera achevé. La rivière aura alors entre 30 et 50 m pour s’étaler. « Nous allons passer d’un Gier concentré entre deux murs disposant de 15 000 m2 d’étalement à un Gier libre d’occuper 45 000 m2 », synthétise Saint-Etienne Métropole. De quoi protéger une cinquantaine d’habitations, une école et trois commerces d’une crue à valeur centennale. Outre la destruction de ces murs et l’élargissement des berges, les travaux dans le lit du Gier ont permis de déplacer un collecteur d’eaux usées et les risques allant avec après avoir été placé ici « par solution de facilité » dans les années 80-90.

Nous allons passer d’un Gier concentré entre deux murs disposant de 15 000 m2 d’étalement à un Gier libre d’occuper 45 000 m2.

Saint-Etienne Métropole

Cette zone ne sera pas pour autant un no man’s land verdoyant. Mais un cadre de vie à fréquenter : l’objectif est aussi de permettre la réappropriation des lieux par les Ripagériens, voire leur appropriation par les Ligériens. Une passerelle reliera à terme la MJC à la berge nord qui de son côté, celui sud, disposera de gradins sur la pente des berges. Des milliers d’arbres vont être plantés et la grande voie verte ambitionnée par Métropole de Saint-Chamond au Rhône pourra y passer sur 800 m de cheminement. Métropole va aussi essayer de débarrasser les lieux de la renouée du Japon, cette espèce végétale invasive quasiment invincible exigeant des procédés méticuleux pour ne pas qu’elle repousse et s’exporte… Les aménagements qui vont suivre visent, aussi, à créer des habitats favorables à la flore et à la faune, y compris pour le castor, pas encore présent ici mais qui l’est, en revanche, en amont.

Des précautions prises pour la faune et la flore existants

Les pêcheurs locaux ont été sollicités. ©Saint-Etienne Métropole

Pour ce qui est de l’existant, des précautions ont été prises. Et pas des moindres. Travailler dans le lit d’une rivière, c’est risquer de polluer l’aval. C’est donc carrément un canal de dérivation du Gier qui a été mise en service il y a quelques semaines parallèlement au Gier. Les poissons vivant dans la rivière – une quinzaine d’espèces identifiées – ont été juste avant, à la fin du printemps, récupérés par pêche électrique par l’Association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique (AAPPMA), en lien avec la Fédération départementale de pêche. 300 kg de poissons ont ainsi été réintroduits (bien vivant) en amont. De même, Saint-Etienne Métropole assure avoir déplacé une plante rare identifiée ici et pris soin d’abattre les arbres (une quarantaine) « à la bonne période » pour les oiseaux afin d’éviter de perturber leur reproduction. Idem avec les abris de chauve-souris repérés.

*41 % pris en charge par l’Etat, 32 % par l’Agence de l’eau RMC, 20 % par Saint-Etienne Métropole, 4 % par la Région et 3 % par le Département.

Plan aérien du site avant travaux. ©Saint-Etienne Métropole
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