Saint-Étienne
jeudi 30 juin 2022
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David Kauffer : « Emmanuel Macron continuera à marcher aussi bien sur sa jambe droite que sur sa jambe gauche »

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Dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle, If Saint-Étienne vous propose une série d’interviews politiques des représentants locaux des douze candidats afin d’évoquer avec eux les échéances à venir. Elles seront publiées progressivement jusqu’au vendredi 8 avril 2022.

Ex-adhérent du PS, David Kauffer a rejoint Emmanuel Macron dès 2016.

Il a d’abord été de la « génération Mitterrand » 2.0, celle de 1988. David Kauffer avait 17 ans et appartenait au flanc « centre gauche » d’une famille stéphanoise « très politisée où s’exprimaient toutes les obédiences politiques de droite comme gauche ». Il sera adhérent du PS jusqu’à ce que Macron renverse l’échiquier un soir d’avril 2016 en créant En Marche. David Kauffer rejoint immédiatement le mouvement dont il est aujourd’hui « référent » dans la Loire. Battu à 99 voix près en finale des législatives 2017 (4e circonscription), il a été élu en 2020 maire de Saint-Romain-les-Atheux où il s’est installé en 2007.


Quel bilan tirez-vous du quinquennat d’Emmanuel Macron ?

« Difficile d’être sommaire sur un mandat que les crises successives – Gilets jaunes, Covid et maintenant l’Ukraine – ont fatalement rendu chaotique. Personne ne peut en faire l’économie. Emmanuel Macron en sort avec davantage d’humilité, de recul. Il vient d’encaisser sa première expérience d’élu ! Il a peut-être voulu aller trop vite au départ en se passant des corps intermédiaires, ce qui lui a donné cet air « jupitérien ». Le Grand débat a montré sa volonté de dialoguer. Le sommet de l’Etat est désormais plus attentif aux ressentis des élus locaux. Malgré ce contexte périlleux et même s’il y a des trous dans la raquette, beaucoup a été concrétisé. La réforme de la taxe d’habitation, tout le monde en parlait, il l’a fait. Le pouvoir d’achat a bénéficié des baisses d’impôts. Les entreprises aussi : la croissance sera de 6 % en 2022, on est tombé à 7,4 % de chômeurs, du jamais vu depuis 50 ans. Sur la sécurité, Emmanuel Macron a créé 10 000 postes de policiers, de gendarmes, les quartiers de reconquête républicaine, donné trois/quatre milliards d’euros en plus à l’Intérieur. Les dotations aux collectivités ont arrêté de baisser. Nous assumons des mesures comme l’ISF : la France a besoin de rentrées d’argent donc de ne pas décourager ceux qui font le PIB. En face, il y a aussi eu le quoi qu’il en coûte. Pour quelqu’un censé être un ultra-libéral à la solde de la finance, c’est très centre gauche… »

Si nous restons arc-boutés sur nos zones de confort, notre pays est condamné.

Selon vous, quelle est la mesure phare de votre candidat ?

« Le prochain mandat sera celui de grands chantiers sur l’école, la santé et l’institution républicaine. Davantage de moyens seront donnés à l’enseignement dont la gouvernance sera revue pour être au plus près du terrain, pour un lien plus fécond entre Etat, Inspection, écoles, mairie, élus locaux. Même idée pour la santé. L’institution républicaine a été mise à mal. Il s’agit de rappeler ce qu’est être républicain, redonner de la vigueur à nos valeurs, un sens à ce que c’est être Français aujourd’hui : un humanisme exigeant. Oui, nous assumons le « en même temps ». Emmanuel Macron entend continuer à marcher aussi bien sur sa jambe droite que sur sa jambe gauche. La retraite à 65 ans ? Avec l’allongement de l’espérance de vie, elle est justement inévitable pour sauver la solidarité. C’est dit, franc et transparent et ce sera négocié, en prenant en compte la pénibilité. Les réformes sont inévitables : si nous restons paralysés, arc-boutés sur nos zones de confort, notre pays est condamné. »

Quel ancrage local avez-vous au niveau du nombre d’adhérents, de militants ? Et de quelle manière menez-vous la campagne localement ?

« La majorité présidentielle est constituée de six formations : En Marche, Horizons, le Modem, Agir, Territoires de progrès et En commun. Nous pouvons ainsi compter sur 400 adhérents actifs sur un fichier qui en liste un millier. En tant que référent, je fais le point avec tous nos responsables – une vingtaine de cadres dont nos parlementaires – chaque mardi. Notre organisation est calée sur celle des six circonscriptions législatives. Depuis cet automne, forcément, on est sur le terrain pour faire comprendre que le pays a besoin de cinq ans de plus. Nous sommes passés de trois « actions » – porte à porte, collage, tractage, marchés, petites réunions d’appartements – par zone et par semaine à environ à cinq depuis la déclaration officielle du Président, soit une trentaine chaque semaine menée par une centaine de militants. Un seul objectif : convaincre. Et à ce sujet, de plus en plus de personnes de tous les âges nous rejoignent. »

Aurez-vous des candidats aux législatives dans le Loire ?

« Nous aurons des candidats dans toutes les circonscriptions. Nous n’étions présents que partiellement lors des départementales l’an passé. Mais là, il s’agit de 12 personnes (en comptant les suppléants, Ndlr) et non de 84 (le nombre candidats à présenter aux départementales, suppléants compris). En Marche reste un parti jeune qui continue à se construire. Il faut du temps mais nous sommes davantage armés désormais. Si Emmanuel Macron ne devait ne pas être élu ? Je n’imagine que la victoire. »

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    1 commentaire

    Oser prétendre que Macron a une jambe gauche, quand il a gouverné durant 5 années à droite et même très très à droite … il fallait oser ! Ce monsieur la fait.

    Rappel des faits d’armes de Macron :
    — casse du code du travail pour baisser les salaires et précariser tous les salariés via la la Travail XXL
    — fermeture de 17 600 lits d’hôpital
    — toujours moins de professeurs et plus d’élèves
    — queue d’étudiants aux restos du cœur
    — l’immonde Parcoursup qui sert seulement à exclure les enfants de pauvre des bonnes études pour les réserver aux gosses de riche
    — sabotage de l’enseignement supérieur et de la recherche, au mépris des avis de l’ensemble des chercheurs
    — casse de tous les services publics
    — sabotage de la SNCF
    — bradage au privé de la FDJ alors qu’elle rapportait beaucoup d’argent
    — violences policières massives : TOUTES les manifestations ont été écrasées dans le sang : gilets jaunes, pompiers, personnels de santé, salariés, retraités, étudiants et lycéens
    — gouvernance verticale en mépris total de tous les corps intermédiaire
    — forte réduction des droits au chômage pour obliger les travailleurs à accepter les pires emplois
    — inaction écologique criminelle malgré l’urgence de la situation
    — dilapidation de dizaines de milliards chaque année, sans contrepartie, au profit des plus riches
    — cadeaux fiscaux par dizaines de milliards aussi aux plus riches
    — gestion liberticide et autoritaire de la pandémie
    — lois de surveillance liberticide
    — augmentation de la pauvreté
    — explosion des inégalités
    — toujours plus de SDF alors qu’il avait dit qu’il n’y en aurait plus un seul
    — les assos caritatives de plus en plus sursollicitées du fait de l’explosion de la pauvreté dûe à ses politiques anti-sociales
    — baisse des APL
    — baisse des allocations chômage
    — baisse des salaires par les lois travail, qui permettent de déplacer le rapport de force — et donc la possibilité de négocier son salaire — toujours plus en faveur des employeurs
    — … la liste est longue.

    Bref, vous l’avez compris : Macron est de droite et d’extrême droite sur certains sujets. Je n’ai pas vu une seule mesure de gauche.

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