Saint-Étienne
mercredi 30 novembre 2022
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À Salvaris, le Département fait du tourisme et de l’environnement en même temps

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En grande partie propriétaire des 280 ha de l’espace naturel sensible (ENS) qu’est Salvaris, le Département de la Loire a réalisé en 2021 une aire d’accueil sur le lieu-dit même pour faciliter sa fréquentation touristique. Il ne s’agit que d’une première étape. Une seconde phase, espérée pour 2023, doit donner lieu à la création d’une seconde aire d’accueil, à la Barbanche, et des aménagements autour de deux sentiers balisés.

L’aire d’accueil inaugurée mercredi n’est que la première étape des aménagements du Département sur Salvaris. © If Media/Xavier Alix

Le myosotis de Balbis, l’alouette lulu ou encore la grenouille rousse : à cause de l’Homme, ces espèces-là se font rares et sont protégées. Végétales ou animales, il y en a environ une dizaine comme ça, sur les centaines domiciliées à l’espace naturel sensible (ENS) de Salvaris. 280 ha dans le Pilat, répartis sur le territoire de Saint-Etienne pour l’essentiel (des hauteurs de Terrenoire à Rochetaillée) mais aussi sur ceux de Saint-Chamond et de La Valla-en-Gier. Sur l’ensemble de la superficie, 170 ha sont la propriété du Département de la Loire. Depuis une trentaine d’années, la collectivité locale mène au titre de sa compétence environnement (qui ne lui pas exclusive) une politique de maîtrise foncière en faisant l’acquisition d’hectares classés ENS.

« Il y a 626 ENS dans la Loire qui couvrent un total de 37 500 ha dont près de 1 400 sont la propriété du Département », liste Daniel Fréchet, vice-président du Département en charge de l’eau et de l’environnement. Mercredi, l’élu du Roannais était dans le sud de la Loire pour participer à l’inauguration des aménagements réalisés en 2021 à Salvaris. L’ENS est en effet des 25 que le Département ouvre à la fréquentation du grand public toute l’année. Et plus précisément des cinq retenus par la collectivité pour des animations – les rendez-vous nature – organisées d’avril à novembre. Forêts de Lespinasse (Saint-Germain-Lespinasse au nord-ouest du Roannais), du Col des Brosses (Monts du Forez), Bord de Loire Les deux Becs (Montrond-les-Bains), étang David (Saint-Just-Saint-Rambert) : certains de ces sites ont déjà bénéficié d’aménagements pour faciliter leur fréquentation.

Un investissement total approchant les 350 000 €

Le coupage du ruban symbolique par le président du Département Georges Ziegler. © If Media/Xavier Alix

C’est donc au tour de Salvaris, au lieu-dit même, accessible depuis la sinueuse M36 (ex-D36 depuis Terrenoire) puis la route éponyme. Une bouffée verte frôlant les 1 000 m d’altitude, bien connue des habitants de l’agglomération stéphanoise qui la fréquentent en nombre, ne serait-ce que pour ses vues splendides sur cette dernière mais aussi la vallée du Gier et au-delà. Ou encore pour l’auberge des Genêts d’Or. Première étape de ces aménagements : la réalisation pour 92 000 € de ce qui est « plus qu’un parking, une aire d’accueil, souligne Fabrice Frappa, chargé de mission environnement pour le Département. Il a été créé en 2021 mais nous avons décalé son inauguration en raison du Covid. » 21 places de parkings sont aménagées dont une PMR. Arceaux pour vélos, nouvelles plantations d’essences locales (pins, chênes, bouleaux) et tables de pique-niques complètent les lieux, jusque-là terrain vague où les voitures garées côtoyaient des stockages de bois.  

La petite montée pour y accéder est désormais goudronnée. Eiffage et la société ID verde ont été embauchées sur deux lots distincts. La seconde entreprise a été chargée des aspects paysagers, des éléments en bois et en acier corten, matière sélectionnée pour son « intégration paysagère » et qui fait « écho » à une industrie sidérurgique stéphanoise cependant pas si rouillée que ça. De l’aire, partent déjà deux parcours pédestres, l’un de 2,8 km, l’autre plus long, de 8 km. Ils feront l’objet d’une seconde étape d’aménagement plus conséquente puisqu’elle est estimée, elle, à environ 250 000 €. Sa concrétisation est espérée pour 2023. Il s’agit, déjà, de créer une seconde aire d’accueil, à l’autre bout de l’ENS, depuis le plateau de la Barbanche, sur le chemin du Bessat pourtant bien territoire de La Valla-en-Gier.

Des aménagements qui ne tombent pas dans le panneau

Un seul panneau, ici sa version temporaire, sur l’aire d’accueil. Les futurs éléments ludiques et pédagogiques seront plus originaux (voir en fin d’article). © If Media/Xavier Alix

« Cela permettra un accès plus aisé aux parcours au départ de Saint-Etienne utilisant la D8 et avec le bénéfice d’une desserte du réseau de cars des Til », précise Fabrice Frappa. Mais ça ne s’arrête pas là. Les élus du Département ont déjà validé de nombreux aménagements de confort et pédagogiques (voir en fin d’article) devant émaillé les deux sentiers imaginés par une agence spécialisée lyonnaise, Wabi Sabi. Et sans tomber dans le panneau. « Il y en déjà beaucoup trop dans la nature !, explique Fabrice Frappa. On utilisera des QR codes pour accéder sur smartphone à des contenus écrits, vidéos, audios et on utilisera comme support sur des éléments naturels locaux : bois (d’où un rapprochement avec l’ONF et Fibois) et pierre de schiste caractéristique de la zone. Il s’agit de valoriser le milieu naturel mais aussi son interaction avec les activités humaines pastorales ou sylvicoles. »  

D’ici 2024, les promeneurs et sportifs pourront admirer ou utiliser une passerelle incurvée servant de tremplin pour le vol libre, des belvédères en bois, un petit amphithéâtre propice aux animations du Département (comme les balades contées), de vastes bancs géants en bois taillés comme ces totems, « arbres de visés », dans les lesquels seront glissées des longues vues pour profiter précisément du panorama. S’y ajouteront des cabanes en forme de canadiennes ou encore cet enclos pastoral en schiste pour regarder en direction des crêts du Pilat.   

Plus de monde oui, mais « pas trop non plus »

Une seconde aire d’accueil de ce type sera créée au plateau de la Barbanche. © If Media/Xavier Alix

Pas toujours fréquentées avec bienveillance par certains « utilisateurs » qui y laissent des indices peu civiques de leur passage, les aires d’accueil et les parcours ne se verront pas pour autant dotés de poubelles. « On demande que les gens repartent avec leurs déchets. Des poubelles donneraient paradoxalement lieu à sans doute plus de problèmes. Il faudrait les ramasser, elles seraient détériorées, des déchets s’envoleraient etc. », justifie le Département qui tout en ayant le souci de davantage valoriser son atout touristique, d’une fréquentation plus forte, ne veut pas « qu’il y ait trop de monde non plus sur les lieux ». Pourtant, ces nouveaux aménagements ne menacent-ils pas justement la quiétude de la biodiversité ?

« Les sentiers que nous aménageons existent déjà, souligne Fabrice Frappa. Nous n’en créons pas de nouveaux. Il est hors de question par exemple, d’amener le public sur des zones humides, dans les prés agricoles. L’idée, c’est justement que les gens profitent des lieux en se concentrant sur ces chemins. » Bref, le tourisme et la préservation environnementale pour une nouvelle déclinaison fine d’un principe à la fois à la mode et décrié : le « en même temps ».

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