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Génie Méca : un savoir-faire de père en fils

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Créée en 2006 par Roland Ferret, l’entreprise Génie Méca, installée à Saint-Héand, a bien grandi depuis les débuts du père dans son garage. Depuis 2017, c’est son fils, Maxime Ferret qui est aux commandes. Aujourd’hui, l’entreprise spécialisée dans la mécanique de précision fait perdurer ce savoir-faire, tout en l’inscrivant plus que jamais dans l’ère numérique.

Depuis 2017, Maxime Ferret a repris les rênes de l’entreprise familiale. ©JT/ If Saint-Etienne

« En 2016, mon père a commencé à parler de revendre l’entreprise qui avait trois salariés à l’époque, se souvient Maxime Ferret. Honnêtement, je ne voyais pas ça comme une perspective d’avenir. A l’époque, je travaillais chez Safran en Belgique, et ma femme m’a dit que si je ne reprenais pas l’entreprise, j’allais le regretter plus tard ». Et elle avait raison. L’entreprise familiale en question, c’est Génie Méca, spécialiste dans la mécanique industrielle de précision. Lorsqu’il commence l’aventure en 2006, le patriarche, Roland Ferret, travaille depuis son garage. C’est en 2008, alors que la crise économique n’épargne aucun secteur, qu’il s’équipe à moindre coût grâce aux ventes aux enchères, et installe Génie Méca dans des locaux à Saint-Héand. Une solution censée être temporaire, le temps que la zone d’activités de Malval ne voit le jour et que l’entreprise, qui en est le premier projet, puisse s’y implanter… en 2019.

Des profils complémentaires

Le premier salarié recruté par Roland Ferret arrive en 2012, ce qui lui permet de commencer à faire des pièces plus complexes. En parallèle, son fils, qui a étudié à l’ISTP, enchaîne les postes chez de grands noms tels que Safran et Thalès. Lorsque son père souhaite vendre en 2016, Maxime quitte tout en janvier 2017, et commence à travailler aux côtés de son père avant de reprendre, pour être sûr que l’activité, plus technique, lui plaît. Une cohabitation qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

« On ne se comprenait pas vraiment au départ, se souvient Maxime Ferret. Nous n’avions pas les mêmes façons de faire. Il m’a poussé à fond sur la technique, j’ai pu refaire mes armes. De mon côté, j’ai aussi organisé les choses en faisant quelques tableaux Excel. Il m’a fait confiance, même s’il était parfois sceptique, car il voyait que je progressais ». Le fils reprend la société et ses trois salariés en juillet 2017, et son père prend sa retraite début 2020.

©JT/ If Saint-Etienne

540 000 euros d’investissement

Depuis, l’équipe a été renouvelée et compte maintenant six salariés, pour une moyenne d’âge de 32 ans. Et les investissements ont été conséquents. D’abord avec des locaux occupés en 2019 et qui ont été agrandis de 260 mètres carrés début 2024 pour atteindre les 800 mètres carrés au total. Et en machine aussi, afin de gagner en précision et en efficacité. « On ne fait que de la pièce unitaire. On travaille majoritairement pour les clients finaux, précise Maxime Ferret. Ils viennent avec des plans, on en discute, et on fabrique. On ne fait que de la pièce à forte valeur ajoutée, on est bon sur de la pièce précise ».

Génie Méca s’est donc dotée de machines plus performantes. Parmi elles, une cinq axes récemment achetée 209 000 euros, dont 41 783 euros ont été financés par la Région, pour laquelle Laurence Bussière, conseillère régionale, est venue rendre visite à l’entrepreneur ce jour. « L’extension du bâtiment et deux machines mèneront à un investissement de 540 000 euros sur 2024 », détaille Maxime Ferret qui attache une importance particulière au bien-être de ses salariés.

820 000 euros de chiffres d’affaires

Car le secteur est sous tension et la surenchère peut être facile. Il faut donc être en mesure de pouvoir retenir ses collaborateurs. « C’est de la folie, on assiste à une course aux enchères, il faut être raisonnable », explique l’entrepreneur. Au-delà du salaire, il veille aussi à créer une vraie cohésion d’équipe. « J’essaie d’entretenir cela, vendredi nous avons fait une sortie VTT ensemble. L’idée est aussi que le soir, nous ayons tous appris quelque chose après une journée de travail ». Et cela semble payer. En 2023, l’entreprise héandaise a réalisé un chiffre d’affaires de 820 000 euros, et veille à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. « En 2023, notre plus gros client fait 12 % de notre chiffre d’affaires. On ne dépend donc de personne ». Une mécanique bien huilée.

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