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dimanche 23 juin 2024
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Le Pull français est devenu 100 % roannais

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Elle était déjà fabriquée à Roanne par l’atelier Jean Ruiz, spécialiste de la maille haut de gamme. Et elle continuera à l’être. La marque de pulls créée par des Isérois en 2016 revendiquant une fabrication 100 % made in France et l’éco responsabilité a été reprise il y a quelques mois par le Roannais, Benjamin Cohen, un Riorgeois plus exactement. Zoom sur ses nouvelles ambitions.

La fabrication reste confiée aux ateliers Jean Ruiz. Photo fournie par Benjamin Cohen.

Il ne risque pas de changer de fabricant. Il faut dire que c’est cette proximité même, qui l’a, en grande partie, poussé à se lancer. A la suite de discussions engagées en janvier, le Riorgeois Benjamin Cohen a concrétisé en juin le rachat de la société Le Pull Français. Elle avait été créée en Isère il y a déjà 7 ans. Florent et Sandra Bardisa, derrière le lancement à Saint-Egrève (au nord de Grenoble) de l’entreprise Altitoo.com, spécialisée dans la vente en ligne d’équipements de sports outdoor, avaient diversifié leur activité en créant cette marque de pulls confectionnés à Roanne par La Manufacture de Tricots Jean Ruiz. A partir de fils produits, eux, à Florence en Italie, fruits d’un mélange de laine mérinos à 90 % et de cachemire à 10 %. Pour le reste ? « Les étiquettes prennent forme à Saint-Étienne (il s’agit de Neyret, Ndlr), les boutons des cardigans sont façonnés à Patornay, dans le Jura. » Quant aux coffrets de présentation, ils proviennent d’une manufacture de Nantua, dans l’Ain.

Déjà du e-commerce, déjà du made in France et déjà, encore, cette volonté de produits écoresponsables, de durabilité en lieu et place de vêtements trop vite usés et jetés. Quatre ans avant la pseudo césure du Covid, à défaut d’être à jamais les premiers (un certain « Slip français » a été lancé en 2011 ; on pense aussi dans ce genre là aux couramiaudes de Peau éthique), Florent et Sandra Bardisa ont su se montrer indéniablement précurseurs. Bien sûr, cela a un coût : 159, 169 ou 189 € selon que l’on choisisse respectivement un modèle col en v (cardigan), rond ou roulé. Un peu plus qu’il y a 7 ans, inflation oblige. Mais cela pour des pulls « qui ne boulochent pas et une douceur, une qualité incomparables comme la durabilité garantie plusieurs années, à condition de bien entretenir le produit : à la main, sinon tout doucement en machine et surtout sans adoucissants », argue déjà Benjamin Cohen. L’acheteur est déjà un vendeur : le prêt-à-porter est le métier de cet entrepreneur âgé de 38 ans. Il possède encore actuellement plusieurs commerces de détails, par exemple à Roanne ou encore à Montbrison.

Le brodeur roannais Pic’Ardi s’ajoute aux fournisseurs

Avec un chiffre d’affaires 2022 certes modeste de 60 000 € HT exclusivement réalisé via le e-commerce et 400 à 500 pulls écoulés chaque par via une collection uniquement hivernale, le Pull français filait gentiment mais n’était pas spécialement en difficulté. Pourquoi ses fondateurs ont-ils voulu vendre ? « La marque arrivait à un stade où il fallait appuyer sur l’accélérateur pour franchir un cap, poser de nouvelles ambitions et de nouvelles idées. Mais ce n’était pas une fin en soi pour eux de vendre, se limite à répondre Benjamin Cohen. Je connaissais, j’ai proposé de reprendre parce que cela correspond à mes propres aspirations d’aujourd’hui sur le monde textile et ça s’est fait ainsi, assez rapidement. Voilà tout. Oui, j’ai pas mal d’idées de développement mais l’objectif, ce n’est sûrement pas de devenir un mini LVMH ou Ralph Lauren dans les 2 ans. L’idée est de doubler ou, au mieux, tripler le chiffre d’ici 2 ans. Si je parviens à prendre ce chemin, alors, il faudra accompagner cela par quelques recrutements. » En attendant, Benjamin Cohen est seul à gérer la société de A à Z.

Oui, j’ai pas mal d’idées de développement mais l’objectif, ce n’est sûrement pas de devenir un mini LVMH ou Ralph Lauren.

Benjamin Cohen, néo-propriétaire du Pull Français

Le stockage des produits se partageant entre chez lui à Riorges et les ateliers de Jean Ruiz, entreprise qui restera son fabricant, tandis que les fournisseurs sont conservés eux-aussi. Il y en aura d’ailleurs un de plus et de Riorges aussi. Le brodeur Pic’Ardi fournira de quoi clamer la marque sur la poitrine des pulls, seule modification sur les produits actuels, le logo restant inchangé. En revanche, Benjamin Cohen va lancer une collection été en plus de celle hiver actuelle : un pull léger, fin, en coton bio. « J’espère pour février ou mars. Je n’irai pas plus loin : on doit rester fidèles à l’idée de limiter les références mais cette marque a besoin d’être moins saisonnière. Il y a actuellement 3 modèles hommes, 3 modèles, selon les types de cols pour un total d’une dizaine de coloris possibles par genre et quelques accessoires – bonnets, mitaines, et écharpes – mais limités. Cela restera ainsi une entreprise mono produit, juste avec cette 2e collection été. »

Un réseau de boutiques revendeuses à venir

Logos et fournisseurs de la marque sont maintenus. ©Le Pull Français

Autre évolution majeure : Benjamin Cohen souhaite développer un canal de ventes parallèle au site en proposant à des dépôts vente au sein de boutiques proposant déjà des pulls de marques haut de gamme, de grandes marque. S’adressant donc à une clientèle avertie puisque souvent plus chers encore que ses produits mais à la dimension infiniment moins locale quant à leur fabrication. Ce qui est en 2023 un argument de vente indéniablement montant. Du moins quand le client en a les moyens et/ou la conviction. « Cela a déjà été expérimenté très ponctuellement par les précédents propriétaires à la suite de la demande d’une boutique en… Bretagne. Moi, de mon côté, je vais prospecter à partir de Roanne, en élargissant peu à peu le rayon. Si j’ai entre 10 et 15 boutiques d’ici fin 2024, ce sera déjà très, très bien. Bien sûr, ce sera forcément un peu plus cher que via notre site mais c’est aussi dans l’intérêt de tout le monde qu’il n’y ait pas un écart de prix très significatif. »

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