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mercredi 24 juillet 2024
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Logements sociaux : via Deux fleuves, la Loire et le Rhône iront plus loin

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La Société anonyme de coordination (Sac) Au fil des Deux fleuves regroupait déjà depuis 2 ans les offices publics de l’habitat (OPH) des Départements de la Loire et du Rhône : Loire Habitat et Opac du Rhône. Ce mercredi, leurs présidents respectifs, Georges Ziegler et Christophe Guilloteau ont annoncé aller plus loin en constituant le groupe territorial d’OPH « inédit » des « Deux fleuves » faisant évoluer leurs propres noms. Mais ce n’est toujours pas une fusion. Explications.

Le directeur de Loire Habitat Laurent Gagnaire et son président Georges Ziegler, serrant la main de Christophe Guilloteau, président de l’Opac du Rhône aux côtés de son directeur Xavier Inglebert. ©Sac 2 Fleuves

Non, ce n’est pas juste un élan de protection vis-à-vis de la législation. C’était déjà plus que cela. Et d’ici quatre mois, ce le sera encore plus, assurent ses protagonistes. Il y aura un avant et un après le 1er janvier 2024 : à cette date, en effet, l’Opac du Rhône deviendra « Deux Fleuves Rhône Habitat » et Loire Habitat, « Deux Fleuves Loire Habitat » correspondant à leur implication 50/50 dans la création d’un groupe territorial présenté comme « inédit » baptisé « Deux fleuves ». Ce mercredi, à l’Hôtel de Département du Rhône, à Lyon, les présidents ligérien et rhodanien Georges Ziegler et Christophe Guilloteau ainsi que leurs directeurs ont détaillé ce qui n’est cependant toujours pas une fusion, insistent-ils, le groupe n’ayant d’ailleurs pas de statut juridique en soi. A l’origine de ce rapprochement toujours plus intime, la loi Elan de 2018. Celle-ci visait, entre autres, la réduction du nombre de bailleurs sociaux.

Ce qui a donc donné lieu à des fusions pour certains offices publics comme celle, obligatoire et désormais concrétisée sur le périmètre de Saint-Etienne Métropole avec la constitution de Métropole Habitat à partir des offices stéphanois, du Gier et de l’Ondaine. D’une manière générale, pour continuer à exister, un seuil minimum de 12 000 logements avait été fixé. Avec près de 12 000 logements chacun, ni Loire Habitat, ni l’Opac du Rhône n’étaient, du moins dans l’immédiat, réellement menacés dans leur intégrité : quelques nouveaux logements auraient suffi pour être dans les clous. Mais pour combien de temps ? « C’est une question d’anticipation, on sent bien que le législateur peut aller plus loin sur ces seuils ou nos modes de financement (la baisse des APL décidée par l’Etat mais assumée financièrement par les seuls bailleurs a fait perdre 3,2 M€ à Loire habitat en 2020, Ndlr.) », justifie auprès d’If Laurent Gagnaire, directeur général de Loire Habitat.

L’intégralité des fonctions support regroupées

S’ajoutent parallèlement, les défis qui s’imposent à l’activité des bailleurs sociaux : dérèglement climatique, vieillissement de la population… Or, le même législateur alaissé la possibilité de coopérations via des sociétés anonymes de coordination (Sac). La Loire et le Rhône ont donc fait le choix de cette structure « horizontale » d’entente permettant des mutualisations de moyens et d’expertise tout en maintenant leur total de 500 équivalents temps plein (550 personnes) répartis à peu près également dans les deux départements. Pas de mutations ou de transfert géographiques de personnel (comme pour une partie des salariés d’Habitat Métropole affectée d’ici 2 ans au nouveau siège stéphanois), ni de fermetures, de sièges, de bureaux et autres locaux bien que la Sac Au fil des 2 fleuves soit abritée à Brignais au sein de l’Opac du Rhône, depuis son lancement officiel en septembre 2021.   

Pas de fermeture de siège pour Loire Habitat. ©If Média/NB.

Indépendamment d’une gestion et de décisions propres maintenues pour chaque structure, « des décisions stratégiques et de l’ingénierie » étaient déjà partagés comme nous l’annonçait Georges Ziegler en janvier 2021. En créant un groupe, c’est l’intégralité des fonctions support des deux offices qui sont désormais mises en commun : financière, informatique, RH, relations clients etc, soit 115 salariés communs concernés sur les 550 – afin d’optimiser les ressources. Regroupées aussi et « surtout, leurs compétences spécialisées : personnes âgées et handicapées, aménagement, accession, équipements publics et environnement. Cela en faisant profiter l’un à l’autre de leurs compétences particulières dans ces domaines ». Un niveau d’intégration encore inédit en France, assure Laurent Gagnaire qui, outre Xavier Inglebert (DG côté Rhône), aura, à ses côtés à partir du 1er janvier un second DG collègue pour diriger la structure horizontale

Une 4e personne morale créée

Il faut dire qu’en plus de la Sac, et donc les deux OPH rebaptisées qui en sont propriétaires à chacun 50 %, une 4e personne morale a été créée (pour rappel, le groupe n’en est pas une), de la même manière détenue à 50/50 : la « ESH », Entreprise sociale pour l’Habitat, « Deux Fleuves Senior et Autonomie ». Son but : unir dans ce domaine les expertises des OPH « pour répondre aux nombreux défis posés par le vieillissement de la population dans les territoires ». Avec « Deux Fleuves Senior et Autonomie », la SAC s’est « dotée d’un outil en capacité de développer son offre d’immobilier médico-social (2 500 équivalents logements pour 50 foyers, Ndlr) pour les personnes âgées et handicapées non seulement à l’échelle des deux départements, mais aussi à celle de la Région Auvergne-Rhône Alpes ». L’ESH aura vocation à proposer ses services au-delà des frontières des deux départements.  Le Rhône est davantage expert dans des logements adaptés aux handicaps, la Loire dans ceux destinés aux seniors.

« Il y a ce que nous réalisons en milieu urbain, avec comme bel exemple la Cité des aînés à Saint-Etienne qui sera dupliquée en plus grand à Firminy. Il y a aussi, ces plus petites structures en milieu rural qui permet aux bénéficiaires de rester dans leurs villages, a décrit ce mercredi à Lyon Georges Ziegler. Nous nous adaptons nous-mêmes aux besoins des territoires avec qui nous sommes toujours en lien, à l’écoute pour nos réalisations. » L’initiative de regroupement a aussi permis d’obtenir auprès de la CGLLS un total de 1,75 M€ de subventions sur ses différents investissements à venir. Si les deux OPH ligérien et rhodanien en resteront majoritaires, précisons que l’ESH va voir son capital ouvert à des investisseurs privés. « Attention, pas à des groupes de BTP, avertit Laurent Gagnaire. Mais à des assurances, des mutuelles, des banques mutualistes en lien avec l’activité senior et autonomie avec qui nous travaillons souvent déjà ». Aésio, par exemple, ou encore la Matmut seraient intéressés même s’il n’y a absolument rien de signé à ce stade.

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