Saint-Étienne
mardi 23 juillet 2024
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Mobi’LYSE (2/2) : sur la RN88, les travaux de l’échangeur de La Varizelle sont lancés

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Le chantier à la jonction de l’A47 et la RN88 à Saint-Chamond capte à lui seul, 25 M€, soit 4,5 % des sommes assurées, à ce stade, à « Mobi’LYSE », la « démarche d’amélioration de la mobilité entre Saint-Etienne et Lyon ». Cette compensation à l’abandon de l’A45 lancée par l’Etat il y a 5 ans, a fait le point sur des concrétisations, sinon celles à venir il y a une semaine. Après un premier volet consacré aux projets ferroviaires, If Saint-Etienne publie cet épisode 2 portant sur la route.

De 50 à 250 M€. C’est ce que pourrait coûter un nouveau pont pour franchir le Rhône à Givors en fonction du projet retenu. Le goulet d’étranglement que représente la traversée de la ville par l’A47 est chef de file des nombreuses problématiques de l’axe routier relayant Saint-Etienne à l’A7 et, au-delà, à Lyon. Mais le nœud gordien ne pourra pas se trancher d’un coup d’épée. Plutôt à coup de millions. A ce stade, les études lancées depuis déjà 5 ans se poursuivent pour déterminer si ce nouveau pont doit être « local ». C’est l’option la moins chère. Elle vise à détourner de l’A47 les déplacements de petites distances des « locaux » de part et d’autre du fleuve. La théorie la plus coûteuse  donnerait lieu à un chantier monstre consistant, elle, à doubler le pont actuel emprunté par l’A47…   

Mardi, les travaux de défrichement de part et d’autre de la RN88 au niveau de La Varizelle à,Saint-Chamond se poursuivaient. ©If Média/Xavier Alix

« L’idée du nouveau pont n’est absolument pas abandonnée. Les études pour déterminer l’option la plus pertinente continuent », assure à If Saint-Etienne Fabien Gravier, chef du service mobilité aménagement paysage de la Dreal. Pourtant, sur environ 550 M€, dont 400 M€ de l’Etat, accordés à coup sûr à Mobi’LYSE (près de 800 M€ étaient à l’origine affichés avec l’appui de la Région, de Saint-Etienne Métropole et du Département), 209 sont d’ores et déjà affectés à d’autres projets. Or, l’éventualité du nouveau pont n’est pas la seul projet routier ou ferroviaire qui se profile, pour beaucoup de manière plus certaine, amenant à « consommer » ce qu’il reste de l’enveloppe. Dans ces conditions, on voit mal comment cette nouvelle infrastructure pourrait émerger. Surtout qu’à l’obstacle financier peut s’en superposer une myriade d’autres, politiques par exemple…

Cela ne signifie pas pour autant que côté routier, Mobi’LYSE n’aura pas apporté son lot d’améliorations en particulier dans la Loire sur la RN88, l’A72 et l’A47. Et c’est déjà ça.  

Echangeur de la Varizelle : les travaux ont commencé

Il aura mis du temps à émerger alors que le projet était acté depuis des années, avant l’abandon de l’A45 en tout cas… Il faut dire que le Covid est passé par là. L’inflation aussi, manifestement. Puisque ce sont 24,9 M€ contre 17 M€ annoncés en 2019 qui seront nécessaires pour compléter le demi-échangeur actuel de la Varizelle à l’entrée ouest de Saint-Chamond. Le projet consiste à créer un nouveau couple de bretelles orientées vers Lyon ainsi qu’un nouveau pont de franchissement de la RN88 depuis le giratoire existant de la Varizelle au Sud. Au Nord, le barreau est raccordé à la RD32 (route de Saint-Jean-Bonnefonds et route de la Varizelle), la RD 324 (bretelle d’entrée sur la RN88 en sens Lyon-Saint-Etienne) et la route des Barraques par un nouveau carrefour giratoire.

Projection architecturale du futur pont de franchissement de la RN88 réalisé. Source : site Internet de la Villle de Saint-Chamond.

La mise en service est prévue pour fin 2025. Etat (à 50 %), Saint-Etienne Métropole et Département (à 35 et 15 %) engagés avant Mobi’LYSE co financent ces travaux qui viennent d’être lancés. La première phase du chantier sous maîtrise d’ouvrage de la Dreal, commencé fin janvier, très visible depuis la RN88 consistant à défricher la végétation de part et d’autre du futur pont en veillant à ne pas le faire pendant la période de reproduction des espèces présentes. Si on ignore à ce stade les impacts de circulation sur cette artère, véritable « voie sacrée » alimentant tout le sud Loire, côté urbain, l’aménagement implique quelques démolitions, un garage route de La Varizelle, côté nord, à la sortie du pont déjà existant va notamment disparaître.  

Cinq autres échangeurs réaménagés

La Varizelle est certes le principal mais n’est pas le seul échangeur dont le réaménagement a été mis sous le couvercle financier de Mobi’LYSE. Cinq autres le sont. A commencer par La Gouyonnière, territoire de La Fouillouse, sur l’A72 et sa fameuse sortie 9b où se croisent les compétences d’Etat et du Département. Afin de sécuriser une situation dangereuse au quotidien, les remontées de file aux heures de pointe sur l’A72 pour accéder à Saint-Galmier et Saint-Just-Saint-Rambert, le Département a déjà investi dans des feux de signalisation visant la fluidification. Il s’était engagé – avant Mobi’LYSE – au titre de voies qui relèvent encore de sa compétence et connectées à l’A72. Il continuera à l’être via un projet à venir d’1,2 M€, somme partagée entre son financement et l’Etat annoncé pour cette année 2024. Celui-ci vise à améliorer la fluidité et la sécurité des lieux en doublant la bretelle de sortie 9b.

Amélioration sur l’A47 : l’échangeur 13 à Grand-Croix (réalisé en 2022) va voir un aménagement des giratoires en 2024. Vue aérienne une fois les travaux achevés transmise par les services de l’Etat.

Les autres échangeurs en partie déjà réaménagés ou à réaménager : La Rivière et Firminy-Fayol pour la RN88. Celui de Grand-Croix et du Sardon côté A47, qui ont déjà bénéficié, respectivement à l’été 2022 et l’été 2023, des allongements et des doublements des voies d’insertion et de sortie de l’axe. Ces travaux devraient connaître des suites dès 2024 (à Grand-Croix, pour aménager les carrefours giratoires de part et d’autre de l’A47) et dans les années qui viennent, notamment côté nord, en direction des zones d’habitat périurbaines provoquant des flux inadaptés à l’infrastructure actuelle, qu’ils empruntent l’autoroute ou non. Au niveau du Sardon, un aménagement de carrefour avec acquisition foncière est envisagé d’ici 2025.     

Des « voies d’entrecroisement » à des lieux clés

L’intense présence d’entrées et de sorties successives sont à l’origine de fréquentes congestions du trafic des axes principaux du sud Loire, qui jouent à la fois le rôle de périphériques, pour un trafic local de cabotage, et de grandes liaisons majeures entre agglomérations. C’est valable aussi bien pour la RN88 que l’A72 et l’A47. Une des solutions avancées par les services de l’Etat et déjà en partie appliquée consistait à réduire la vitesse maximale autorisée permanente, voire, aussi par régulation dynamique. Une autre, mais encore faut-il que la physionomie des lieux l’autorise, consiste à créer ce que les Directions des routes appellent des « voies d’entrecroisement ».

D’ici 2026 doit être réalisé l’entrecroisement entre Grand Croix et Saint Chamond (échangeur 13 / échangeur 14), c’est-à-dire un élargissement. Vues de la situation actuelle et celle projetée en 2026 transmises par l’Etat.

Là où, du moins quand c’est possible, des entrées et sorties rapprochées donnent lieu à des ralentissements et les dangereux coups de freins allant avec, il s’agit de carrément élargir l’axe sur une portion limitée avec une troisième voie. Ce sera le cas, d’ici fin 2027, sur quatre portions. Sur la RN88, de l’échangeur stéphanois de Montplaisir à celui du Rond-Point, de celui La Rivière à la rue de Dunkerque. Toujours sur la RN88, mais côté Ondaine, de l’échangeur de La Ricamarie au Chambon. Côté A47, ce sera de l’échangeur de Grand-Croix à la sortie Saint-Chamond centre, sinon continuer sur l’A47 direction Saint-Etienne. Soit un passage à trois voies sur près d’un kilomètre prévu là, d’ici 2026.  

De vraies bandes d’arrêt d’urgence

C’est quasiment l’ensemble de l’A47 qui est dépourvue de véritables bandes d’arrêt d’urgence, c’est-à-dire larges de plus de 2 m. Quand elles ne sont pas tout simplement absentes d’un axe dont la configuration étroite et tumultueuse souffre à la fois du relief et de sa précocité, celle d’une des premières autoroutes construites en France. Sur certaines portions, il n’y a rien à y faire : le viaduc qui surplombe Rive-de-Gier est le meilleur (ou plutôt le pire) exemple.

Il n’empêche que ces – avant tout – dangereuses absences ou, au mieux, étroitesse des bandes d’arrêt d’urgence ne sont pas étrangères à une bonne partie des bouchons qu’infligent régulièrement l’A47 à ses usagers. Aussi, dans le cadre de Mobi’LYSE, c’est au total une dizaine de km de création de bandes d’arrêt d’urgence plus conformes qui vont être créées étape par étape. Côté Rhône, au niveau de Givors cela commence le 19 février pour huit mois de travaux. La suite devrait concernée l’A47 côté Loire sur des portions avant et après le viaduc de Rive-de-Gier.

Murs anti-bruit : la nouvelle vague

4 nouveaux murs anti-bruit d’ici la fin de l’année côté RN88 mais pas A47 (ici à Rive-de-Gier). Photo transmise par Les Oubliés de l’A47

On est là davantage dans l’amélioration du confort et de la sécurité, non des usagers de la route mais de ses riverains. Ici, c’est Saint-Étienne Métropole qui est le principal partenaire de l’Etat (la Région aussi dans une moindre mesure sur des projets déjà réalisés). Dans une première phase, trois murs anti-bruit ont déjà été élevés au bord de la RN88, là où elle serpente en milieu très urbanisé à Saint-Étienne et au Chambon-Feugerolles. Ils ont été financés à hauteur de 2 M€ par l’État, 800 000 € par Saint-Etienne Métropole et 200 000 € par le conseil régional. Des travaux achevés en juin 2022. Une deuxième phase sera réalisée en 2024. Il s’agit cette fois de construire quatre murs anti-bruit, toujours, autour de la RN88 à Saint-Étienne, à la Ricamarie et, à nouveau, au Chambon-Feugerolles.

Avec un financement à hauteur de 2 M€ par l’État et 1 M€ par Saint-Etienne Métropole. « L’ensemble des murs représenteront de l’ordre de 1 300 mètres linéaires de protections phoniques, permettant de protéger plusieurs centaines d’habitations. » Il a aussi été annoncé, qu’à terme, la traversée de Givors pourrait être carrément couverte. Pas d’informations à ce stade sur l’amélioration acoustique qui pourrait être apportée aux riverains au bord de l’A47 du Sardon à Industeel. A la suite de la médiatisation (à l’écho national !) de la situation par le collectif Les Oubliés de l’A47, la préfète de Région avait demandé cet été à la Dreal d’étudier l’opportunité d’un équipement acoustique sur cette zone faisant justement l’objet de futurs travaux de sécurisation avec la création de bandes d’arrêt d’urgence là où c’est faisable et de glissières en béton.  

La vitesse dynamique sur l’A47 n’est pas zappée

Petit serpent de mer depuis que la préfecture de Région avait imposé en 2013 l’abaissement de la vitesse maximale à 90 km/h sur l’ensemble de l’A47, l’idée d’une régulation dynamique autorisant le 110 km/h en cas de trafic favorable sur les parties les moins accidentogènes de l’axe avait alors été d’emblée mise sur la table comme compensation d’une décision très contestée. Le nouveau montant de l’investissement – on parlait environ de 2 M€ il y a une dizaine d’années – sera « déterminé par les études », indiquait-on à If Saint-Etienne en septembre 2022. Cela au moment de faire le point sur un projet exigeant d’intervenir sur 28 sites différents pour y implanter 16 nouveaux portiques métalliques et 12 hauts-mats supportant des panneaux de signalisation dynamique. Avec, alors, une mise en service espérée alors cette fois-ci pour 2026 (en 2020, il avait été annoncé aux élus 2023), avec l’idée d’équipements de régulation de Terrenoire (RN88) à Givors Ouest.

Interrogée il y a une semaine à ce sujet à l’occasion du point général fait sur Mobi’LYSE, la Direction interdépartementale (DIr) des routes Centre Est nous a précisé que le projet restait valable. Tout en se gardant de pronostiquer, ne serait-ce que vaguement une date. Et pour cause identique à ce qui avait été expliqué à If il y a 18 mois : « Compte tenu de l’ampleur des travaux et de la concomitance avec les autres chantiers importants sur l’A47, cette opération ne pourra se tenir qu’après ou en même temps que les travaux d’élargissement de bande d’arrêt d’urgence et d’amélioration des échangeurs. » A noter, toujours dans le domaine du confort amélioré pour les riverains, que les services d’Etat ont annoncé la création d’une couverture de l’A47 sur la traversée de Givors.

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