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dimanche 25 février 2024
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Saint-Chamond : désacralisée, l’église Notre-Dame rouvrira fin 2024

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Désacralisée en avril 2022, sortie de la loi 1905 en septembre de la même année, l’église Notre Dame, serpent de mer couramiaud, voit le bout du tunnel pointer. Après environ 70 réunions préparatoires en 2 ans sur son devenir, la municipalité saint-chamonaise confirme la conversion des lieux en un bel écrin culturel. A la suite d’une phase initiale de travaux et en attendant des investissements plus conséquents à terme, elle sera rouverte fin 2024 à la population après… 20 ans de fermeture !  

La désacralisation de l’église par le diocèse est intervenue sans cérémonie en avril 2022. ©If Média/Xavier Alix

« C’est la première fois que j’y mets les pieds ! Cet intérieur est magnifique. » Bluffé, en particulier par la qualité des vitraux, le nouveau maire de Saint-Chamond, Axel Dugua, 28 ans, n’en avait que 9 quand le dernier office religieux de l’emblématique église a eu lieu. C’était pour Pentecôte 2004. Depuis, les portes de l’édifice, compromis entre du néogothique et du néo-byzantin, aux proportions de cathédrale – plus de 1260 m2, 19 m sous plafond – ont fermé pour ne jamais se rouvrir. Le bâtiment érigé place de la Liberté au début des années 1880, en lieu et place d’une précédente église du début du XVIIe siècle baroque et analogue à celle de Saint-Pierre à Saint-Chamond, ne manque pas d’allure mais a longtemps manqué de solidité. Sa pierre si friable, a terriblement subi l’usure du temps et d’un environnement urbain peu clément. L’église a été flanquée d’échafaudages des années 1980 au tournant des années 2000 quand la municipalité Ducarre décide de lancer de lourds travaux de rénovation.

La beauté des vitraux témoigne de l’évergétisme des fortunes locales, comme les familles Alamagny et Oriol, contributrices au financement de l’édifice bâti à la fin XIXe siècle.

Mais la technique utilisée – par injection de pierres – se révéla dangereusement inadaptée. A la suite d’un risque d’effondrement, en 2004, la flèche de l’un des clochers avait d’ailleurs été démontée. Sous la majorité de Philippe Kizirian, un référendum avait demandé en 2009 aux Saint-Chamonais s’il ne valait mieux pas arrêter les frais là et carrément démolir. Ce sera non : 80 % des votants ayant opté pour que la restauration – aussi coûteuse qu’une démolition en investissement mais scellant un entretien de nos jours à 500 000 € par an – soit achevée. 6 M€ auront été finalement engloutis en travaux sur les 20 dernières années dans le bâtiment dont 1,2 M€ pour le sécuriser définitivement sur la fin du premier mandat d’Hervé Reynaud. Désacralisée discrètement par le diocèse en avril 2022 (l’éventualité d’une cérémonie avait été envisagée), c’est la préfecture qui a acté en septembre de la même année la sortie de Notre-Dame de Saint-Chamond de la loi 1905.

1 000 m2 d’exposition, 260 m2 d’espace scénique

Adieu la Cène : le chœur deviendra scène culturel avec ses 260 m2. Photo transmise par la Ville de Saint-Chamond

Pour rappel, l’entretien de toute église construite avant cette date revient à la mairie, le diocèse ayant la main cependant sur l’intérieur et les charges allant avec, comme le chauffage. La municipalité a donc désormais les coudées franches. Il y a un peu plus de 2 ans, If Saint-Etienne avait révélé que la désacralisation était acquise et évoqué, aussi, la volonté, déjà connue elle, de la mairie de Saint-Chamond d’en faire un lieu d’expression culturelle ouvert à la population. Ce qui, forcément, a réclamé force de réflexion. « Nous en sommes à 70 réunions en 2 ans, tout compris, qu’il s’agisse d’échanges entre élus, avec nos services ou encore de consultation de la population », précise François Morange, conseiller municipal délégué au patrimoine historique. La conversion des 1 000 m2 qu’additionnent nef et transept en un lieu d’expositions mais aussi d’événements culturels, en particulier des concerts, en transformant les 260 m2 du chœur en scène dépouillée de toute référence à la cène, est donc confirmée.

Chaque rayon de soleil bien orienté démontre le jeu de lumières donné à l’intérieur par les vitraux. Photo transmise par la Ville de Saint-Chamond.

« L’orgue et surtout, l’harmonium toujours en bon état et qui témoigne d’une grande valeur patrimoniale, supérieure à celui de Pommiers-en-Forez, permettent d’envisager des concerts originaux que nous ne voyons pas ailleurs », explique François Morange. Le projet de transformation définitif – des éléments architecturaux majeurs, comme la chaire sculptée, les autels des chapelles seront évidemment conservés et valorisés – va réclamer plusieurs millions d’euros d’investissements. La mairie tentera probablement d’obtenir des subventions de la Drac Aura, de la région ou encore de la Fondation du patrimoine. Mais le projet final sera concrétisé sur le prochain mandat municipal et non sur la fin de l’actuel. Cependant, « nous ne souhaitions pas attendre aussi longtemps pour que les Saint-Chamonais puissent enfin se réapproprier les lieux, a annoncé Axel Dugua. La décision est récente. Mais techniquement, on peut le faire. Nous allons donc investir dès 2024 dans une phase de travaux initial pour 700 000 € TTC. »

L’installation de l’Office de tourisme en réflexion

Le maire Axel Dugua découvrant, comme nous une surprenante charpente métallique façon Eiffel d’époque. ©If Média/Xavier Alix

Ce qui permettra la réouverture des lieux dès la fin d’année 2024. « On espère pour les fêtes de Noël, poursuit Axel Dugua. Nous organiserons probablement un petit événement à cette occasion. Beaucoup de Saint-Chamonais attendent depuis longtemps de revoir l’intérieur ou de le découvrir quand ils ont moins de 35 ans. On a bien vu que l’enthousiasme était là quand il a été possible de l’apercevoir, juste depuis l’entrée au Journées européennes du patrimoine. » Cette première phase de travaux vise donc la conformité réglementaire quant à la possibilité d’y accueillir du public. Non pas qu’une promenade dans les allées s’accompagne du risque de recevoir une pierre descellée sur la tête ! De ce côté-là, les choses sont sécurisées.

Il s’agit de nettoyer le bâtiment et, surtout, de le mettre aux normes électriques et d’accessibilité PMR (personnes à mobilité réduites). L’ex-église Notre-Dame aura alors le statut de salle polyvalente pouvant accueillir 300 personnes à la fois. A terme, à la suite de cette seconde phase annoncée comme majeure, il est envisagé à ce stade d’y transférer l’office de tourisme métropolitain et d’installer les bureaux d’associations patrimoniales au sein de cet écrin imposant. Son objet principal restera cependant la culture en tant que lieu d’exposition et de concerts.

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