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samedi 13 avril 2024
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Saint-Chamond : police nationale et police municipale resserrent encore leurs liens

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Leur collaboration s’était déjà accentuée lors d’un renouvellement de convention en 2021. La police municipale de Saint-Chamond s’est depuis encore renforcée en nombre, en équipements et en capacité opérationnelle. 3 ans plus tard, bis repetita : la nouvelle signature vient encore de resserrer ses liens avec la « nationale ».

Lors de la signature de la convention 2024-2027 entre la Ville et l’Etat. ©If Media/Xavier Alix

Les « résultats sont là », invitant à poursuivre sur cette voie. Et vis-à-vis du besoin des citoyens, c’est tout ce qui compte, mettent en avant, de concert, Ville de Saint-Chamond, sa police municipale d’un côté. La police nationale et les services de l’Etat de l’autre. Tous réunis le 8 mars à l’hôtel de ville de Saint-Chamond pour renouveler, comme tous les 3 ans, la convention les liant depuis maintenant un quart de siècle. Sûr qu’en 2000, la seconde ville du département – environ 2 000 habitants de plus qu’aujourd’hui – n’avait pas à consacrer 5,4 % de ses dépenses réelles de fonctionnement à sa sécurité. C’est-à-dire 2,41 M€ : le budget 2023 de fonctionnement dévolu, tout confondu, vidéoprotection (ou vidéosurveillance selon les sensibilités) comprise. Sur cette somme, 2,16 M€ sont affectés aux seules ressources humaines.

La Ville de Saint-Chamond compte en effet désormais 42 agents relevant de la police municipale, par ailleurs orpheline de Christophe Riou, son ancien chef malheureusement décédé dans un accident en octobre dernier. En rappelant ce fait tragique, c’est justement la dimension « humaine » que souhaitait souligner le maire Axel Dugua à l’occasion du renouvellement, il y a une semaine, de la convention triennale entre sa police municipale et la nationale. Au regard de leurs équipements, leurs savoir-faire et pouvoirs, « nos policiers municipaux, ce ne sont plus les gardes champêtres d’il y a 25 ans. Et ils sont aussi, aujourd’hui, l’équivalent de la police de proximité. Cette dimension et la collaboration, main dans la main, avec la police nationale, la répartition des rôles, nous avons pu en voir les résultats lors des émeutes de juillet où les événements ont été plus limités ici qu’ailleurs dans l’agglomération. Aussi, en raison de la présence de caméras. Fin 2023, l’auteur de ce coup de feu à Fonsala a pu être identifié grâce à notre CSU (Centre de supervision urbain). »

250 caméras à Saint-Chamond d’ici la fin du mandat

Le CSU de Saint-Chamond visité par le préfet il y a une semaine. Photo ©Ville de Saint-Chamond

Le CSU couramiaud gère désormais un réseau de 228 caméras. « A raison de 10 à 15 supplémentaires par an, nous atteindrons les 250 à la fin du mandat, précise le maire. Il faut d’ailleurs savoir que cela compte vis-à-vis de assurances que nous contractons ! » L’extension du réseau est aussi incitée par l’Etat et la Région à coup de subventions. Elle explique en grande partie le budget investissement – avec les frais de remplacements, d’entretiens, d’équipements individuels – consacré par la Ville à la sécurité : 590 000 € en 2023 (602 000 en 2022) dont 76 000 pris en charge par l’Etat et le conseil régional. En face, il y a d’autres chiffres à mettre dans la balance. Ceux de la délinquance : – 16,44 % de cambriolages en moins en 2023 par rapport à 2022, – 14,58 % de délinquance sur la voie publique. L’an passé, la police municipale (PM) et police nationale (PN) ont effectué 1 735 interventions, 132 réquisitions et 35 interpellations grâce au CSU sur le territoire de Saint-Chamond.

La présente convention approfondit les relations entre polices nationale et municipale, le partage d’informations.

Alexandre Rochatte, préfet de la Loire

CSU, prévention et collaboration étroite, c’est un tout qui explique de bons résultats, estime le préfet Alexandre Rochatte, présent à la signature de convention. « La police municipale joue aussi un rôle préventif non négligeable. Et je confirme que l’ampleur des émeutes a varié selon la présence de caméras ou non. » Au point d’encourager et s’acheminer vers des « CSU intercommunaux », évoqués par le préfet ? Il semble. Mais c’est à la libre administration, donc appréciation des communes. C’est d’ailleurs, rappelons, le sur la table du côté de l’Ondaine… « Les rôles n’ont pas changé, la législation n’ayant pas évolué, poursuit le préfet. En revanche, la présente convention approfondit les relations entre polices nationale et municipale, le partage d’informations. Elle permet d’accentuer cette coordination, donc l’efficacité de la réponse et des interventions conjointes ou non. » Exemple concret : un accès désormais officiel et cadré aux « ondes » de la PN par la PM permettant plus de réactivité et d’appui réciproques.

De nouveaux équipements pour la police

A noter aussi, que les policiers municipaux couramiauds seront formés par les nationaux vis-à-vis des nouveaux équipements qui leur seront accordés. Déjà équipés d’armes « létales », de caméras, de gilets pare-balles, ils seront bientôt dotés de matraques télescopiques et de pistolets à impulsion électrique (à raison d’un pare groupe de quatre) au rôle dissuasif pointé comme parfaitement avéré. « La sécurité est la première des libertés », a conclu dans son intervention l’adjoint au maire en charge de la sécurité et de la police Gilles Gréco. Et la première des solidarités nationales, serait-on tenté d’ajouter. Une quarantaine de policiers municipaux en 2023… C’est à peu près la quantité d’agents nationaux (tous types de postes confondus mais pas seulement « administratifs ») « perdus » selon les syndicats par la circonscription du Gier entre 2007 et 2019, soit 22,5 % des postes. L’effet des fameuses RGPP.

Effectifs depuis plus ou moins stabilisés, voire en légère progression par rapport à la sortie des RGPP. Ils sont 106 actuellement affectés au Gier. Et si un commissariat neuf, obtenu via une haute lutte de lobbying dans les couloirs ministériels par des élus du Gier, est venu remplacer l’ancien qui s’écroulait littéralement, celui secondaire de Rive-de-Gier est, en revanche, un souvenir… S’il ne nie pas la problématique du financement en soi des polices municipales en rupture avec des impératifs régaliens censés être uniformes d’un coin à l’autre de l’Hexagone, Cédric Renaud, ex directeur de la police municipale de Saint-Etienne, en tant que membre de l’ANCTS* qu’il a co-fondée et présidée, avait fait part de nuances éclairantes lors d’un échange avec If il y a un an dans la perspective d’un congrès finalement annulé :

« La société a évolué, l’implication et les exigences des citoyens aussi et derrière la question de qui paie quoi, la réponse concrète aux besoins de sécurité ne peut plus être indexée à un modèle uniforme. Un seul type d’organisation démultiplié, décliné ce n’est plus possible. Pour caricaturer, on n’organise pas la sécurité de la même façon à Marseille qu’à Saint-Victor-sur-Loire ! Il n’y a pas de mode d’emploi. Et si la l’efficacité de telle police municipale, sur tel ou tel modèle, par sa proximité, est avérée, tant mieux. Il n’y a pas de recettes toute faites et immuablement efficaces. Une organisation territorialisée peut être vectrice de plus de sécurité grâce à cette proximité, cette connaissance du terrain, à condition de ne pas être considérée comme bouche trou. Cela ne plonge pas pour autant la France dans un état fédéral. Ce n’est pas forcément toujours une question d’effectifs qui ont d’ailleurs trop occupé les débats. Car entre les intentions de départ des RGPP et les résultats… C’est plus l’application qui a pêché, pas vraiment l’intention. »

* Association Nationale des Cadres Territoriaux de la Sécurité (ANCTS)… Soulignant sa dimension « apolitique » et « asyndicale », fondée en 2015, elle a pour but « de rassembler et représenter les agents qui, au sein de l’ensemble des collectivités territoriales, exercent des fonctions d’encadrement ou d’expertise dans 3 domaines : mise en œuvre des pouvoirs de police des élus locaux, sécurité civile et prévention de la délinquance et de la radicalisation. Apolitique et asyndicale, elle conseille ses adhérents, élus locaux et les pouvoirs publics dans l’ensemble des évolutions qui concernent ses secteurs d’activité ».

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