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Consommation : les Stéphanois dépensent autant sur Internet que dans les petits commerces

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Mardi 23 janvier, la Chambre de commerce et d’Industrie présentait sa 11e enquête consommateurs, réalisée auprès de 4 700 ménages de Loire-Sud, dont 1 450 Stéphanois. Et il semble que la baisse du pouvoir d’achat ou encore le développement du télétravail créent de nouvelles tendances de consommation…

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En moyenne, les ménages de Loire-Sud dépensent 12 718 € par an pour les achats de produits alimentaires et non alimentaires. ©JT/ If Saint-Etienne.

« Chacune et chacun a une responsabilité dans sa façon de consommer, et a un pouvoir direct sur l’avenir de nos commerçants », a déclaré le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau. Ce mardi 23 janvier, la Chambre de commerce et d’industrie présentait les résultats de sa 11e enquête consommateurs sur la région stéphanoise. Une étude réalisée tous les cinq ans, cofinancée par Saint-Etienne Métropole, le Scot Sud Loire et la CCI, qui permet de mettre en exergue les comportements des acheteurs sur le territoire. L’enquête a été effectuée entre mars et juillet 2022, et depuis la dernière publication, en 2017, de nouvelles tendances se dessinent…

Baisse des commerces vacants

En 2023, Pascale Lacour, adjointe chargée du commerce à Saint-Etienne, précise avoir reçu 113 porteurs de projets, via l’office du commerce qui a ouvert ses portes en 2018. « Aujourd’hui, 30 % d’entre eux sont installés. L’idée est de proposer un accompagnement à 100 %, de ne laisser personne seul ». Au total, l’enquête recense 3 549 établissements susceptibles d’avoir une vitrine à Saint-Etienne, c’est 434 de plus qu’en 2017. « Au 1er trimestre 2022, la ville affichait un taux de locaux vacants de 16,3 %, poursuit Pascale Lacour. Au 4e trimestre 2023, ce taux est de 13,4 %. Et sur cette année, six nouvelles enseignes nationales se sont installées à Saint-Etienne ». C’est notamment le cas de K-Way, A l’ombre des marques ou encore Le petit Souk. Depuis 2014, Saint-Etienne compte 23 % de commerces supplémentaires. A ces déclarations, le groupe Saint-Etienne Demain oppose un classement Codata réalisé pour Marianne et qui classe Saint-Etienne en deuxième position des villes de plus de 100 000 habitants avec le plus fort taux de vacance commerciale.

« Il y a une tendance vers une consommation plus responsable, avec aussi une hausse de la location de produits, d’achats éthiques »

Irène Breuil, présidente de la délégation stéphanoise de la CCI.

Steel vs centre-ville ?

Alors, avec le recul l’étude relève-t-elle une migration des consommateurs vers les centres commerciaux ? « En 2023, Steel a comptabilisé six millions de visiteurs, soit 3 % de plus qu’en 2022, précise Gaël Perdriau. 70 % des clients ne sont pas de Saint-Etienne et 70 % d’entre eux poursuivent vers le centre-ville ». L’édile y voit donc des modes de consommation plutôt complémentaires. De même, 42 % de la clientèle de Centre Deux n’est pas stéphanoise. Néanmoins, le centre-ville stéphanois suit la tendance nationale et perd toujours du chiffre d’affaires (- 7 % entre 2017 et 2022), mais les périphéries comme Villars, Monthieu/ Steel ne progresse plus (- 1 %). Car l’évasion des dépenses des habitants hors du territoire est en hausse de 4 points, pour s’établir à 15 %, en lien avec l’achat en ligne…

Les grandes surfaces toujours plébiscitées

Comme en 2017, c’est surtout pour les achats de hi-fi/ TV/ informatique que les habitants optent pour le e-commerce (39 % contre 20 % en 2017), suivis par les jeux (29 % contre 10 %), puis l’électroménager (27 % contre 14 %). Par ailleurs, les produits d’occasion, en magasin ou en ligne, représentent désormais 2 % des dépenses des ménages de Loire-Sud, soit 28 millions d’euros. C’est trois fois plus qu’en 2017. « Il y a une tendance vers une consommation plus responsable, avec aussi une hausse de la location de produits, d’achats éthiques », souligne Irène Breuil, présidente de la délégation stéphanoise de la CCI. La majorité des achats non alimentaires sont encore réalisés dans les grandes surfaces (40 %), suivis par les commerces de mois de 300m2 (24 %), la vente en ligne (22 %) et les hypermarchés (6 %). Les grandes surfaces voient malgré tout leur emprise baisser de 7 points par rapport à 2017.

Consommation
©JT/ If Saint-Etienne.

Recherche des prix bas

Au total, le potentiel de consommation des ménages de Loire-Sud représente 3,5 milliards d’euros (+ 6 % par rapport à 2017). En moyenne, chacun dépense 12 718 euros par an pour les achats de produits alimentaires et non alimentaires. Côté restauration aussi, les habitudes changent… On constate notamment que 11 % des habitants du territoire ont recours à la livraison de repas au moins une fois par mois. Chaque ménage consacre 1 084 euros par an pour se restaurer le soir et le week-end, un chiffre nettement plus élevé (9 %) que la moyenne nationale. En alimentaire aussi, les grandes surfaces restent le canal de distribution majoritaire, avec notamment une hausse du format hard discount, qui s’explique par l’inflation.

Cap sur le bio et le local

A noter que la consommation de produits bio a enregistré une forte hausse ces cinq dernières années (83 % contre 65 % en 2017). Aussi, 78 % des consommateurs privilégient les produits locaux. Ce sont les marchés qui restent le principal lieu de consommation de ces produits (49 %). La consommation moyenne par ménage augmente de 6 % en alimentaire mais reste stable en non alimentaire, avec, sans surprise, de fortes disparités en fonction des bassins de vie et des familles de produits. A Saint-Etienne, tous produits confondus, on consomme ainsi autant en ligne que dans les commerces de proximité.

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