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dimanche 23 juin 2024
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Vœux au monde économique : la CCI appelle plus que jamais à se souder et innover

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Le séisme et ses répliques distribuées par Casino ne formaient pas vraiment le plus idéal des contextes pour la traditionnelle cérémonie des vœux au monde économique de la Loire. Jeudi dernier, Irène Breuil, présidente de la délégation stéphanoise de la CCI métropolitaine, n’a pas écarté le sujet. Mais comme ses partenaires institutionnels – chambre d’agriculture, CMA associées à la cérémonie et préfecture de la Loire – l’accent a d’abord été mis sur une « solidarité » à approfondir en s’appuyant sur « cette capacité locale à innover » pour rebondir. Foule d’exemples à l’appui.   

Irène Breuil, présidente de la délégation Saint-Etienne de la CCI au micro. ©If Média/Xavier Alix

« 2023 fut éprouvant », a rappelé Irène Breuil, présidente de la délégation stéphanoise de la CCI métropolitaine dans les premiers mots de son discours. 2020, 2021, 2022 aussi, pourrait-on ajouter en attendant l’opus 2024 qui ne démarre pas tambour battant rayon sérénité. La lumière venue franchement éclairer la conjoncture, avec l’appui des financements d’Etat, fin 2021-début 2022 a ensuite été en grande partie occultée par l’explosion des prix de l’énergie liée à un contexte géopolitique occultant aussi pour la visibilité des entreprises. Et alors que se profile à l’horizon les dégâts en cascade causés par la chute de Casino, il faut espérer que le renouveau industriel dans la Loire avec une accumulation de projets annoncés en 2022 et 2023 (développement, créations d’usines, recrutement) peu, si ce n’est jamais vue en 50 ans, ne soit pas relégué au statut de mirage.

Malgré, dit-elle, l’« accumulation des crises, les incessants bouleversements technologiques, l’explosion des prix de l’énergie, l’inflation en général, les conflits géopolitiques », Irène Breuil, elle-même à la tête de l’entreprise Kodev a souhaité faire part de son « admiration » vis-à-vis d’un milieu économique à la capacité d’adaptation décidément tenace et « tourné vers l’avenir ». La CCI « comprend vos difficultés et s’engage à continuer à vous accompagner. Nous continuerons à être votre partenaire de proximité afin de vous aider à être à l’avant-garde de l’innovation, à faire preuve de durabilité, de résilience. Qu’il s’agisse de développer l’industrie du futur ou de vous conseiller pour une meilleure efficacité énergétique, votre développement RSE, sur l’économie circulaire ou plus globalement vos projets de développement en France ou à l’étranger ». La « diversité » du tissu économique, cette « traditionnelle capacité à innover » sont une « force », d’autant plus précieuse avec le terrible coup de couteau, plutôt de hache, que représente Casino.    

« Voyons nos défis comme des opportunités »

Si Irène Breuil n’a pas parlé de la perte de ce qui fut l’ESC Saint-Etienne et ses 1 000 étudiants au profit de l’EM Lyon puisque la CCI métropolitaine elle-même ne s’y est pas opposée (elle en est copropriétaire à 51 % mais n’a que… 3 membres sur 12 au conseil de surveillance de l’EM Lyon : ils se sont abstenus sur la décision), elle ne pouvait évidemment pas écarter jeudi soir LE sujet : Casino. Rapidement cependant, bien qu’un « Tsunami » est annoncé : au-delà d’une perte considérable d’emplois dans la Loire, dont de nombreux cadres, plus que redoutée entre le siège et les entrepôts, à quel point le tarissement de son ruissèlement économico-social va faire mal ? Irène Breuil préfère regarder devant en appelant plus que jamais le milieu économique local à rester soudé, à travailler la main dans la main pour œuvre à la prospérité commune. « Nous portons ce rôle fédérateur, de catalyseur. Voyons nos défis comme des opportunités et continuons à donner des ailes à l’entreprise. »

Voyons nos défis comme des opportunités et continuons à donner des ailes à l’entreprise.

Irène Breuil

Associée à la CCI comme la chambre d’agriculture pour ces vœux, la CMA, Chambre des métiers et de l’artisanat prenait le relais via son président Pascal Calamand. L’occasion de rappeler à quel point ses membres comptent dans le paysage économique avec 21 000 entreprises adhérentes (« + 43 % en 5 ans » bien que l’effet autoentreprise doit jouer sur cette statistique) à 60 % dans la construction, à 36 % dans les services pour 29 000 salariés et 3 000 apprentis pour 4 Md€ de chiffre d’affaires. « Une communauté de métiers synonyme de proximité et de qualité qui ne délocalise pas », a clamé Pasacal Calamand. La mission de la CMA est naturellement de l’accompagner afin de résoudre ses problématiques et optimiser les projets de développement. Conscient du déficit d’image et afin de montrer que l’artisanat ne se prive pourtant pas de faire preuve de créativité, le président a tenu à mettre en avant les résultats locaux du concours d’échelle régionale Artinov.

L’artisanat et l’agriculture innovent aussi

Pour des nouveaux process ou des produits, les gagnants régionaux remportent l’équivalent de 5 000 euros en prestations d’accompagnements mais aussi et peut-être surtout de la visibilité, la CMA remportant, elle un bénéfice moral dépoussiérant en termes d’image. Énumérée, la liste des gagnants 2023 ligériens (et quelques autres en prime) se voulait ainsi démonstrative : Bertrand Chocolatier (Roanne) pour ses roues de chocolats, Blackstrix à La-Tour-en-Jarez, marbrerie Gomet Granit à Saint-Chamond, Illusion d’optique à Bourg-Argental, la SARL Saumon fumé à Genilac mais aussi la Chaudronnerie mécanique du Haut Forez (Saint-Jean-la-Vêtre), Anemos technologies (Saint-Etienne), L’Atelier du Tire Crin (Roanne)… Pascal Calamand appelle tous les artisans de l’innovation à déposer un dossier de candidatures d’ici fin février 2024. Remplaçant son président Raymond Vial, empêché de dernière minute, Gérard Gallot, 1er vice-président de la Chambre d’agriculture lui emboitait le pas, lui aussi, pour parler d’innovation.

Le préfet Alexandre Rochatte s’adressant à l’assemblée. Photo transmise par la préfecture de la Loire.

Domaine dans lequel les agriculteurs, bien que se disant parallèlement étranglés par des contraintes structurelles économiques tenaces (dans la Loire, de nouvelles actions de la FDSEA dans la grande distribution ont lieu cette semaine) et une inflation normative impossible à suivre pour de si petites structures, ne sont pas en reste. A la suite de la diffusion d’un film tourné dans un Gaec laitier de Marcenod vachement connecté (avec ses taxis lait, ses alarmes de vêlage), Gérard Gallot évoquait en vrac : l’amélioration de rendements par les outils technologiques, la limitation des intrants, l’allègement du travail par robotisation, la gestion des pâturages par satellite, etc. L’innovation, et l’incitation à l’innovation, c’est aussi ce sur quoi allait insister Alexandre Rochatte, le préfet de la Loire. C’est l’objet du programme de soutien étatique France 2030 dans la foulée de France Relance.

France 2030 : pour des lauréats, il faut des candidats

« Nous consacrons 54 Md€ de financement public en soutien à l’économie innovante (dont 5,6 Md€ déjà obtenus en Auvergne-Rhône-Alpes), versés à 50 % à des TPE et PME et à 50 % hors d’Ile-de-France à ce stade. » Or, la Loire ne semble pas assez profiter du dispositif avec seulement 47 M€ obtenus fin novembre pour des projets du département sur les 5,6 Md€ obtenus en Auvergne-Rhône-Alpes. Si on se fie au poids économique du département, ce chiffre devrait être environ dix fois plus élevé… Mais pour des lauréats, il faut des candidats, souligne le préfet. « Nous ne pouvons pas candidater à la place des entreprises », relève ainsi Alexandre Rochatte. « Cependant, précise-t-il à If, depuis que nous avons pris conscience de ce manque de candidatures et en faisons davantage la publicité via nos services auprès des entreprises, en allant à elles, elles sont de plus en nombreuses à solliciter le programme. La « pente » était trop légère et elle est devenue très forte. Nous finirons en conséquence, par augmenter considérablement la proportion des Ligériens parmi les lauréats. »

Afin de faire connaître un peu plus le programme de soutien, les vœux furent l’occasion de faire monter sur scène les acteurs de 25 projets lauréats (sur les 42 obtenus jusque-là) de France 2030. Nous y revenons dans un article annexe.

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