Saint-Étienne
jeudi 7 juillet 2022
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« Sainté Psycho » : ces Stéphanois qui ne vont pas bien dans leur tête

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Le service « Sainté Psycho », lancé en mars par la Ville sera pérennisé d’une manière ou d’une autre au regard de son bilan. Ils ont été des centaines en un peu plus de huit mois à s’adresser à ce dispositif sur lequel la municipalité salarie deux postes de psychologues. Il avait été créé en raison des troubles psychologiques générés par la crise sanitaire et relevés par le CHU. Dans le cas où de nouveaux postes de psychologues ne seraient pas accordés par l’ARS à l’établissement, la mairie poursuivrait son action.

53 % des personnes qui ont contacté le service disent qu’elles n’auraient pas consulté s’ils n’en avaient pas eu vent. Photo d’illustration.

C’est évidemment une énième répercussion du persistant Covid. « Avec la crise sanitaire que nous traversons, nous estimons qu’un tiers de la population française souffre de troubles psychiques, assurait en mars le professeur Fakra psychiatre au CHU de Saint-Étienne. Nous avons vu les nouvelles demandes augmenter de 18 % au service psy du CHU. Il était important de faire naître rapidement un projet de cette envergure. »

Une situation qui avait amené la Ville à créer « Sainté Psycho ». C’est-à-dire son propre service de prise en charge en embauchant elle-même deux psychologues. Elle estimait pallier là une carence. L’ARS (Agence régionale de la santé) n’accordant pas assez de moyens humains au CHU au regard du contexte selon la mairie. Lundi, à l’occasion du conseil municipal, le docteur Patrick Michaud, adjoint municipal à la santé a dressé un premier bilan statistique de ce service qui, dit-il, n’existe « pas ailleurs, du moins pas sous cette forme ».

75 % de ces Stéphanois n’avaient jamais consulté

Il y a des milliards d’euros sur le Ségur de la Santé mais pour deux postes supplémentaires de psychologue dans un CHU, c’est non. C’est scandaleux !

Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne

Les chiffres et pourcentages vont de mars à novembre. Et ils n’ont rien de rassurants. « Nous avons compté plus de 400 appels de personnes différentes pour 416 entretiens effectifs. Il y a eu 227 demandes de consultation. Enfin, 87 ont été réorientées vers des services médicaux ou des associations (comme Loire prévention suicide). Car il s’agit d’un projet de réseau, mené en collaboration avec les acteurs stéphanois du domaine. » Sur l’ensemble des Stéphanois qui ont contacté le service, 75 % disent n’avoir jamais eu de problèmes d’ordre psychologique avant le Covid. Se sont-ils sentis plus à l’aise à parler santé mentale en se confiant hors de l’hôpital ? 53 % concèdent en tout cas qu’ils n’auraient pas consulté s’ils n’avaient pas eu vent du service. Il avait d’ailleurs fait l’objet d’une campagne d’information.

Le bilan est donc sans appel pour la majorité municipale. « Ce dispositif est utile. La moyenne d’âge des demandeurs d’aide est de 32 ans, précise encore Patrick Michaud. Fin août, 50 % des personnes avaient entre 18 et 35 ans, 20 % plus de 50 ans.» Le maire Gaël Perdriau voit là une preuve que l’Etat doit accorder davantage de postes au CHU. Il en appelle donc à nouveau à l’ARS à ce sujet. Surtout, assure-t-il que son directeur a salué et approuvé la démarche ainsi que son bilan. « Il y a des milliards d’euros sur le Ségur de la Santé mais pour deux postes supplémentaires de psychologue dans un CHU, c’est non. C’est scandaleux !, s’agace Gaël Perdriau. Si la réponse est négative, nous poursuivrons notre action au-delà du 31 décembre. »

Il existe aussi un Conseil local en santé mentale

A noter que dans le domaine psychique, la Ville porte déjà, parallèlement, le Conseil local en santé mentale (CLSM). « Un espace de concertation, de coordination entre les différents services de psychiatrie publique, les élus locaux, les usagers et aidants ». Il vise à décloisonner les différents institutions autour de la politique territorial du secteur psychiatrique. Une mission d’observation, pour déterminer les besoins, connaître les ressources locales, améliorer l’accès à la prévention et aux soins, l’inclusion sociale, la déstigmatisation de la problématique et aider à résoudre les situations psychosociales complexes.

Un chargé de mission – financièrement pris en charge à la fois par la Métropole, la Ville et l’Etat – y est affecté depuis cet été. Le conseil a voté lundi la gestion de ce poste par la Ville et non plus la Métropole comme demandé par l’ARS. L’opposition n’a pas fait de remarques au sujet de Sainté Psycho ou de ce poste.

Sainté Pyscho par téléphone au 06.73.69.27.09 (de 10 heures à 12 heures les mardis et mercredis et de 13 h 30 à 16 heures les jeudis et vendredis) et en cabinet selon les situations. Ces consultations se dérouleront à la Maison du projet, rue Louis Braille, dans les Crous de la Métare ou de Tréfilerie (notamment pour les étudiants) et à la Cité du design.

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