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mercredi 17 avril 2024
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Personnes en situation vulnérable : onze associations de la Loire font bloc

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Sauvegarde 42, Anef Loire, Adapei Loire, La Roche, les Pep 42, Rimbaud, AIMCP Loire, Les 2 Collines, Fondation Chantelise, le Château d’Aix, la Ligue de l’Enseignement… En lien avec les pouvoirs publics qui les financent, ces 11 associations ont en commun d’œuvrer pour les personnes « en situation de vulnérabilité ». Entre les questions tout aussi communes de recrutement, de financement ou encore de réglementations, elles partagent une foule des préoccupations. De quoi se constituer en « Comité d’entente 42 ».

La signature de la charte partenariale a eu lieu mardi, au siège stéphanois de l’Adapei. Photo transmise par le Comité d’entente 42

Ni une fédération au sens strict. Ni une association en soi. C’est un « comité d’entente », dans le sens de l’entraide, que viennent de constituer 11 associations de la Loire ayant toutes pour objet la prise en charge, l’accompagnement, l’hébergement, l’aide aux « personnes en situation de vulnérabilité ». Qu’elles agissent autour du handicap, de l’addictologie, de l’éducation populaire, de la protection de l’enfance, de la prévention spécialisée, il s’agit d’acteurs majeurs gestionnaires de dizaines et dizaines d’établissements et de services sociaux et médico-sociaux du département de la Loire. Leurs noms sont pour beaucoup évocateurs : Sauvegarde 42, Anef, Adapei, les Pep 42, La Roche, Rimbaud, AIMCP, Les 2 Collines, Fondation Chantelise, le Château d’Aix, la Ligue de l’Enseignement… Les quatre premières citées cumulent, à elles seules, environ 2 500 salariés dans la Loire, l’Adapei étant même, avec ses 1 500 collaborateurs, l’un des tous premiers employeurs sous statut privé du département.

Il faut avoir en tête que si elles agissent en très grande partie sous le couvert financier des pouvoirs publics – Etat et/ou collectivités locales – qui leur délèguent leurs missions, c’est au bénéfice indispensable de plusieurs dizaines de milliers de Ligériens en comptant les aidants et l’entourage proche. Une vaste œuvre sociale transversale et de cohésion sociale. Elles font aussi le constat de partager une foule des préoccupations – recrutement, financement, pratiques professionnelles, public parfois identique, évolution de la réglementation, etc. – tout aussi communes. D’où la création d’un Comité d’entente 42, officialisée, mardi, par la signature à Saint-Etienne d’une charte partenariale fondatrice bien que certaines des collaborations qu’elle induit sont déjà amorcées. D’autres acteurs majeurs réfléchissent, sans avoir encore tranché, à rejoindre ce comité à l’image de l’Udaf ou de l’Agasef.

« Une situation économique préoccupante »

« Tout est parti de discussions entre directeurs de structures à l’issue de Covid autour de cette idée. De fil en aiguille, elle est remontée vers les conseils d’administration et on en est venu là, à fixer un cadre précis, explique à If le Comité d’entente. Voir des associations de notre type se regrouper par une entente n’est pas novateur. Cela s’est fait dans d’autres départements mais entre associations œuvrant autour du même thème : sur le handicap ou la protection de l’enfance même si on peut relever des deux, bien entendu. Et justement : nous n’avons, en revanche, pas connaissance d’un partenariat équivalent, c’est-à-dire transversal sur la thématique globale des personnes en situation de vulnérabilité. » Alors que des réflexions communes concernant l’emploi des médecins, des collaborations sur les ressources humaines sont déjà mises sur la table, l’un des principaux objectifs affichés (lire encadré ci-dessous) est d’éviter une mise en concurrence absurde entre elles.

En 2000, un éducateur spécialisé à bac +3 commençait avec 1,6 Smic mensuel. De nos jours c’est quasiment le Smic tout court…

Comité d’entente 42

D’autant plus pertinent à l’heure où l’une de leurs problématiques centrales réside dans l’attractivité de leurs métiers. Figées, les conventions collectives qui les encadrent limitent toujours un peu plus leur marge de manœuvre. Une revendication de plus autour des rémunérations, celle-ci portée auprès de l’Etat qu’illustre, par exemple, le cas des éducateurs spécialisés. « En 2000, un éducateur spécialisé à bac +3 commençait avec 1,6 Smic mensuel. De nos jours c’est quasiment le Smic tout court… » De manière globale, le comité d’entente pointe « la situation économique préoccupante des associations » œuvrant au bénéfice des personnes en situation de vulnérabilité. Une fois de plus, la progression du financement public ne suit pas le rythme de l’inflation : en 2 ans, + 3 % contre + 12 %… Le comité a d’ailleurs déjà envoyé un courrier à ce sujet pour faire part de ses fortes inquiétudes au Département, un des principaux financeurs publics, tout en ayant bien conscience que la collectivité est, elle, aussi pressurisée…  

Objectifs affichés

  • Mettre en place des groupes de réflexion pour renforcer leur connaissance mutuelle et forces mobilisables
  • Mettre en commun les informations afin de favoriser le bon fonctionnement du secteur
  • Proposer et mener des actions réalistes et concrètes destinées à améliorer l’efficacité des dispositifs, des services et des établissements en matière d’organisation et de qualité d’accompagnement des usagers
  • Communiquer régulièrement de façon concertée avec les autorités de contrôle ou tout autre partenaire sur les besoins actuels et futurs, globaux et spécifiques, et les propositions d’actions correspondantes à mener
  • Présenter de manière collégiale les préoccupations majeures des organismes gestionnaires aux autorités de contrôle
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