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jeudi 29 février 2024
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Pourquoi l’Urssaf regroupe-t-elle ses implantations stéphanoises dans un immeuble neuf ?

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L’organisme parapublic – mais de droit privé – chargé du recouvrement des cotisations salariales et patronales pour le compte de l’Etat est très implanté à Saint-Etienne entre ses services départementaux habituels à Châteaucreux et celui d’ampleur nationale qu’est le Cesu*, situé rue de la Montat. Au total, 350 salariés dont la présence n’est pas remise en cause : bien au contraire, puisqu’ils seront regroupés fin 2025 dans le plus grand des deux immeubles neufs du programme 5e élément rue des Aciéries. Pourtant, les locaux actuels, dans les deux cas investis il y a moins de 12 ans, sont assez neufs.   

Des deux bâtiments qui composeront l’ensemble 5e élément, l’Urssaf a acquis le plus grand : sur cette illustration, à gauche. ©Busquet Architectes

Ce n’est pas dans la culture de l’Urssaf d’organiser des événements médiatiques, même quand il s’agit d’un investissement aussi rare que conséquent. Mais à l’exception du montant qu’elle investit, bien qu’il s’agisse d’argent public, elle répond volontiers à quelques questions pour aller plus loin que son communiqué de presse de début septembre. Il avait officialisé son achat du plus grand de deux immeubles neufs qui composeront le 5e élément. Et quel achat. A l’angle de la rue des Aciéries et du boulevard Thiers, la démolition est désormais à l’œuvre depuis la semaine dernière. Le fast-food Big Burger actuellement puis, plus tard, son voisin, les ambulances Davin et fils cèdent la place au 5e élément, ce projet immobilier mené par la société Duo Invest associant Fabrice Lardon et l’architecte Frédéric Busquet, très actif à Saint-Etienne qu’il s’agisse de neuf ou d’ancien. Il avait d’ailleurs été présenté à l’hôtel de ville en mars dernier.

En lieu et place du restaurant, de l’ancienne station de lavage et du centre ambulancier donc, Duo Invest met sur la table 18 M€ dans deux immeubles de cinq étages sur une parcelle de 4 000 m2. L’un cumulera 4 700 m2 utiles, le second 1 700. Les deux seront HQE (Haute qualité environnementale). Au niveau urbanistique, à l’échelle de la ville, Frédéric Busquet le voit comme une contribution de taille sur l’idée relier le Technopôle, la Manufacture et la gare. Finir de « recoudre la ville » comme le disait l’architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff il y a une douzaine d’années, alors engagé par l’Epase pour penser le secteur. Surtout que l’accès à cette zone, en plein développement, est rendu facile par le tram, les bus et même le train. On peut encore ajouter la voiture sur cette aisance d’accès depuis l’extérieur ou l’intérieur de Saint-Etienne. Et ce paramètre, comme la présence du parc François-Mitterand, et de plus en plus de restaurants, n’a pas échappé à l’Urssaf.

« Il y a de multiples intérêts » 

Frédérique Miny, directrice de l’Urssaf Rhône-Alpes et Fabrice Lardon, promoteur du projet associé à Frédéric Busquet via Duo invest, à la signature de la vente le 6 septembre. Photo transmise par l’Urssaf Rhône-Alpes.

Cela même si ce n’était pas la seule option, une fois acquise l’idée de regrouper ses services stéphanois, répartis entre ses bureaux de Châteaucreux à l’activité de recouvrement classique et le Cesu rue de la Montat. « Les premières discussions datent exactement du 26 octobre 2022. Notre visite des bureaux de Frédéric Busquet en décembre et le constat de leur performance énergétique, les technologies utilisées qu’il souhaitait reproduire avec le 5e élément, ont été déterminants. D’autant qu’il faisait froid ce jour-là ! Mais on a discuté jusqu’au bout, jusqu’à la veille de la signature, le 6 septembre dernier », raconte Etienne Lansiaux, chef de projet immobilier au sein de l’Urssaf. Pourtant, l’Urssaf avait, dans le cadre de son développement, déménagé le Cesu – implanté historiquement à Saint-Etienne depuis 1994 – et ses 250 salariés il y a une dizaine d’années rue de la Montat dans un bâtiment alors neuf aussi mais loué.

Puis, parallèlement, en 2016, les services de l’Ursaff à l’activité de recouvrement classique – une centaine de salariés – quittaient le fameux IGH de l’avenue Emile-Loubet, pour 1 600 m2 de bureaux achetés au sein de l’immeuble Horizon à Châteaucreux voisinant ceux du Progrès. Des évolutions immobilières récentes dans du neuf. Alors pourquoi ce regroupement dans un nouveau bâtiment même si racheter celui du Cesu a été une alternative un temps envisagée ? « Parce que la politique immobilière de l’Urssaf a évolué, répond Etienne Lansiaux. Il y a de multiples intérêts : rationaliser et faire baisser nos coûts de fonctionnement, de maintenance, mutualiser des compétences autour d’activités certes distinctes mais très proches, renforcer la cohésion des équipes, améliorer les conditions de travail des employés et l’accueil du public… » Il y a le fait aussi, explique Etienne Lansiaux que l’immeuble de Cesu est désormais surdimensionné en raison d’une dimension logistique répondant à des besoins de nos jours obsolètes.

Bâtiment passif

Un peu plus de 10 ans après son installation rue de La Montat, le Cesu s’apprête à quitter les lieux. ©EPA Saint-Etienne/Nicolas Robin

« Vis-à-vis de la numérisation à l’époque de notre déménagement, c’était un autre univers. En 2012, on y recevait 130 000 plis papier par jour ! En 2023, plus de 95 % de ces 20 millions déclarations qui concernent 1,8 million d’employeurs se font par Internet. Logistiquement, ce n’est pas la même exigence. Nous n’avons donc plus besoin d’autant de surfaces. » Les 4 700 m2 achetés à Duo invest rue des Aciéries, qui plus est dans une époque où le télétravail se développe, suffiront largement avec son rez-de-chaussée consacré à l’accueil du public (330 par mois) et ses 5 étages dont le dernier sera consacré (« la pointe » qui en part en pente pour une sorte de demi-étage en plus abritera des locaux techniques) à une vaste salle modulaire de restauration et de rassemblement. Les employés travailleront dans des « espaces évolutifs et partagés » jugés propices à « la transversalité et la convivialité ». Énergétiquement, il s’agit d’un bâtiment passif (certifié HQE), à la consommation extrêmement faible qui se passe de clim grâce à sa luminosité (l’éclairage artificiel est 100 % led), une ventilation double flux, l’appel à la géothermie, aux pompes à chaleur avec la promesse d’une protection optimale contre la chaleur et le froid.

Pour l’Urssaf, cette construction-acquisition de grande ampleur est une exception à l’échelle nationale.

Etienne Lansiaux, chef de projet immobilier au sein de l’Urssaf

La charge énergétique mensuelle ne sera que d’un euro par mètre carré. Des panneaux solaires occuperont une partie du toit en attendant peut-être leur extension à terme. Objectif : installation en septembre 2025. « Ce projet appartient à une politique globale immobilière dans tout le pays, ajoute Etienne Lansiaux. L’Urssaf étant en général propriétaire de ses sites, il s’agit le plus souvent de rénovations. Alors cette construction-acquisition de grande ampleur est une exception à l’échelle nationale. » A voir qui reprendra ses bureaux au sein du bâtiment Horizon à Châteaucreux. Ou encore les milliers de mètres carrés loués jusque-là rue de la Montat. Dans un contexte généralisé de pénurie foncière pour l’industrie et la logistique, pas si loin d’une entrée de ville, ils devraient logiquement susciter l’intérêt.

*Chèque emploi-service universel

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