Saint-Étienne
dimanche 16 juin 2024
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Sénatoriales : les sortants Tissot et Cukierman reconduits à gauche, Reynaud et Rochette élus à droite

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Le vote des grands électeurs renouvelant hier les quatre postes de sénateurs de la Loire a livré un verdict relativement attendu. Sans surprise, à gauche, les sortants Jean-Claude Tissot (PS, liste et divers gauche) et Cukierman (PC, liste divers gauche) repartent pour un nouveau mandat. Sans surprise non plus, le maire de Saint-Chamond Hervé Reynaud (LR, liste divers droite) va devenir parlementaire. Mais sans qu’il y ait, par contre, un second collègue LR cette fois puisque c’est Pierre-Jean Rochette, maire de Boën, avec sa liste trouble-fête et, elle, 100 % divers droite qui est le 4e élu.      

Le Sénat, à Paris, va connaître deux nouveaux Ligériens de droite.

Saint-Chamond va devoir se trouver un nouveau maire. Boën-sur-Lignon aussi. Et ce n’est pas exactement ce qui était prévu au départ par la droite, du moins celle des LR, apparentés et autres associés sur cette élection. En plaçant Marc Lappalus, président de l’Association Loire des maires ruraux de France (AMRF 42) sur sa liste, le parti croyait sans doute avoir fait le plus dur pour obtenir, au grand minimum, deux sénateurs LR comme en 2017 : Bernard Bonne et Bernard Fournier, bien qu’ils aient fait liste à part il y a 5 ans, étaient en effet ses sortants. Le premier a vite annoncé qu’il ne repartait pas. Le second a été écarté à son amère surprise selon des déclarations initiales publiées dans Le Progrès, avant de rester silencieux à ce sujet, en tout cas à nos sollicitations. Une seule liste de droite donc au lieu de trois en 2017 (en comptant celle de centre droit de J.-F. Barnier) ? C’était sans compter l’irruption inattendue de Pierre-Jean Rochette, maire divers droite de Boën-sur-Lignon. Irruption après éruption. Celle de colère, assure-t-il, de nombreux membres de l’AMRF, pas vraiment en phase avec l’idée de s’associer ainsi et aussi rapidement avec les LR…

La liste de Pierre-Jean Rochette a donc réussi son pari. Le néo sénateur forezien avait annoncé qu’en cas de victoire, il siégerait chez les indépendants. Pas vraiment un cadeau, le soutien manifesté par Renaissance ! via le député stéphanois Quentin Bataillon (la majorité présidentielle a renoncé à être de la partie ; Pierre-Jean Rochette estimant ce soutien comme personnel et non celui d’un parti) a-t-elle finalement aidé, été un handicap, sinon d’un effet nul ? Et celle des grands électeurs stéphanois ? Les nombreux grands électeurs supplémentaires désignés par le conseil municipal stéphanois (en raison de la population de la ville) encore tenu par une majorité derrière Perdriau ont-ils accordé plus facilement leurs voix à Pierre-Jean Rochette qu’à Hervé Reynaud en raison du conflit ouvert comme jamais entre LR de la Loire / maire de Saint-Etienne relatif à « L’Affaire » ? « Nous avons eu certaines de leurs voix, c’est évident, n’esquive pas Pierre-Jean Rochette ce matin auprès d’If. Lors de notre venue à Saint-Etienne en campagne, l’opposition a demandé notre position sur l’affaire. On a répondu que la présomption d’innocence dépasse ce que nous en pensons personnellement. Maintenant, je suis certain qu’une grande proportion de délégués stéphanois a aussi voté Jean-Claude Tissot. »

Pierre-Jean Rochette quitte le Conseil départemental

Pierre-Jean Rochette sera trop juste – administrativement – pour démissionner ce soir de son poste de maire au conseil municipal de Boën-sur-Lignon. Ce sera au prochain. « Mais j’ai fait le choix de rester conseiller municipal et de quitter le Département, malgré des indemnités supérieures et un autre confort de travail. C’est plus logique par rapport à mon nouveau poste de sénateur. Cela correspond à ce que nous proposons : nous, on ne s’est pas concentré sur qui nous sommes et qui on connaît mais sur ce que l’on souhaite faire en faveur des collectivités. On peut regretter une fin de campagne agressive des LR avec des attaques très individuelles, comme me reprocher d’être un chef d’entreprise, de la part de ce parti là en plus ! Avant cela, arriver chez les maires ruraux en terrain déjà conquis en disant, on sera sans doute trois élus, voire quatre sur les quatre sièges… Bref, tout ça c’était plus que moyen. »

Le soutien d’Horizons dans la Loire ? Je vous garantis qu’on l’a appris par un message d’Eric Berlivet par les réseaux sociaux. On n’en a en fait jamais discuté !

Pierre-Jean Rochette, sénateur de la Loire

Il siégera donc chez les Indépendants, où l’on retrouve pas mal d’ex LR, certains restés franchement bleu mais Horizons. « Oui, c’est vrai mais je reste sans étiquette et il y a plein de gens qui ne sont pas du tout de ce bord dans ces groupes. Ce n’est pas un ralliement à la majorité présidentielle. Le soutien d’Horizons dans la Loire ? Je vous garantis que l’on a appris par les réseaux sociaux par un message d’Eric Berlivet. Car on n’a jamais discuté ! Donc non, on ne l’est pas en fait. Je tiens d’ailleurs à particulièrement féliciter Cécile Cukierman dont je connais le travail avec les communes et intercommunalités et avec qui j’ai hâte de travailler dans l’hémicycle. » Dans le contexte, en partie aussi conflictuel entre camps de la gauche, il se pourrait que la candidature tardive de Pierre-Jean Rochette ait permis davantage de « vote utile » et faciliter la réélection des sortants, cependant rarement désavoués, semble-t-il, pour leurs mandats passés.

Le RN progresse quelque peu

Il y a, en tout cas, un fossé entre la 4e liste, celle menée par la communiste Cécile Cukierman, réélue, avec 313 voix et 17,14 % des suffrages exprimés (327, 18,23 % en 2017) et la 5e, celle du RN qui obtient 5,7 %. Avec 104 voix, le gain de la formation d’extrême droite par rapport à 2017 est cependant notable : elle avait fait 3,62 % des exprimés pour 65 bulletins il y a 6 ans… La liste du socialiste Jean-Claude Tissot, elle, arrive 2e, loin de celle LR mais à bonne distance du 3e, Pierre-Jean Rochette avec 408 voix pour 22,34 % des suffrages exprimés contre 289 voix pour 16,11 % en 2017. Respectivement 6e et 7e, les listes écologistes (3,23 %) et encore plus LFI (0,86 %) n’ont quasiment pas existé dans le résultat de ses élections. La seconde citée ayant surtout fait acte de présence après l’échec national d’un regroupement derrière une bannière Nupes, au moins dans certains départements à défaut d’un souhait systématique. Les écologistes, eux, sont partis sans le PS, plus que déçus, arguent-ils, que l’accord national – tardif – entre leur parti EELV et les socialistes n’aient pas été respecté dans la Loire…  

Les grands électeurs à se rendre aux urnes dimanche étaient sur 1847 sur 1 865 pour 1 826 votes validés. Les résultats, liste par liste, dans l’ordre des scores obtenus du premier au dernier.

Cécile Cukierman, Pierre-Jean-Rochette, Jean-Claude Tissot et Hervé Reynaud, les quatre sénateurs de la Loire

Ensemble pour la Loire 

Liste « divers droite » menée par Hervé Reynaud (LR), élu.

604 voix ; 33,08 % des suffrages exprimés.         

Agir pour la Loire

Liste « divers gauche » menée par Jean-Claude Tissot (PS), élu.

408 voix ; 22,34 % des suffrages exprimés.  

La Loire Haut & fort

Liste « divers droite » menée par Pierre-Jean Rochette (SE), élu.

322 voix ; 17,27 % des suffrages exprimés.  

Pour nos communes et l’égalité des territoires

Liste « divers gauche » menée Cécile Cukierman (PC), élue.

313 voix ; 17,14 % des suffrages exprimés.  

Au service des communes pour défendre la Loire

Liste RN menée par Michel Lucas.

104 voix ; 5,7 % des suffrages exprimés.  

La Transition maintenant

Liste EELV et Europe écologie, menée par Julie Tokhi.

59 voix 3,23 % des suffrages exprimés.  

Loire Union populaire écologique et sociale

Liste LFI menée par Ismaël Stevenson.

16 voix ; 0,86 % des suffrages exprimés.  

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