Saint-Étienne
lundi 27 mai 2024
14:06
Soutenez IF

Le Département de la Loire tente le « Chaussidou » dans le Forez

1
19010 vues

Ce n’est pas une première dans le département mais une première pour la collectivité. Depuis le 21 juillet et pour au moins un an, 3 km de voirie le long de la Loire relevant de Loire Forez, entre Craintilleux et Veauchette, sont passés en chaussée à voie centrale banalisée (CVCB). Une seule voie pour les voitures, deux pour les cyclistes qui ont la priorité sur les premières. Les automobilistes devront patienter pour se croiser.

Autant se former immédiatement à la CVCB ! Photo transmise par Vélo Loire Forez

Certains en feront fatalement tout un fromage. Mais « Chaussidou » n’en est pas un, pas plus qu’une marque de papier toilette. C’est l’autre nom, plus intime et moins bureaucratique donné à la « chaussée à voie centrale banalisée » (CVCB). Des CVCB, « il en existe déjà sur les communes de Montbrison, de Savigneux, etc. », signale l’association militante et de promotion du cycle Vélo en Forez Loire 42 en évoquant la dernière en date créée dans le Forez à l’initiative du Conseil départemental entre Craintilleux et Veauchette. « Effectivement, ce n’est absolument pas une première dans le département. Je pense aussi à Villerest qui l’avait fait avec Roannais Agglomération il y a déjà plusieurs années, prend pour exemple Jérémie Lacroix, vice-président du Département chargé des routes et de la mobilité contacté par If Saint-Etienne. Il y en a bien d’autres (comme plus récemment à Saint-Galmier, à Roanne, etc., Ndlr). »

Mais, en général, « ces précédents sont plus souvent dans un milieu davantage urbanisé, sur des voiries communales. » En faisant changer le marquage au sol de 3 km de voirie donc, entre Craintilleux (« route de Veauchette » pour sa partie) à Veauchette (chemin de Malepine sur son territoire), le vendredi 21 juillet, le Conseil départemental s’est, en ce qui le concerne lui seul, bel et bien lancé dans une première. La voirie en question ne lui appartient pourtant pas : elle relève des deux communes et de leur intercommunalité, Loire Forez Agglomération, partenaires de ce projet expérimental. Du fait de sa fréquentation, de sa situation longeant la Loire, de sa physionomie, de la vue dégagée qu’offre, elle a été jugée pertinente pour tester donc une CVCB qui pourrait être, à terme, la forme que prendraient certaines portions à venir de la « Véloire ».

Les usagers ont un an pour donner leur avis

« Tantôt voie verte (25 km entre Roanne et la Saône-et-Loire), tantôt véloroute (75 km entre Roanne et Montrond-les-Bains) », cet itinéraire vélo initié en 2017 depuis Saint-Pierre-la-Noaille sera en effet, à terme « prolongée par la réalisation d’un cheminement au plus près du fleuve Loire, qui, dans un premier temps amènera le cyclotouriste, aux portes de l’agglomération stéphanoise. Puis, dans un second temps, lui permettra une connexion avec la ViaRhôna », ambitionne le Département sur son site. Mais plutôt que de réaliser systématiquement de nouveaux aménagements coûteux, voire parfois consommateurs d’espaces, « nous nous interrogeons donc sur le potentiel de portions en CVCB sur laquelle le Cerema nous pousse. D’où cette expérience d’un an. C’est la seule d’actualité mais d’autres, en fonction de nos partenaires peuvent être lancées. On ne s’interdit rien et dans le cadre de notre politique vélo. Et tout ce que nous faisons en termes d’aménagements se fait avec les communes et les intercommunalités », explique Jérémie Lacroix.

Plan transmis par l’association Vélo Loire Forez

Il est de toute façon déjà envisagé que l’extension de l’itinéraire Véloire arrive « à Rivas en venant de Montrond-les-Bains pour passer ensuite en rive gauche par le pont de Rivas » et atteindre « Veauchette par la route de Veauchette et le chemin de Malépine », précise l’association Vélo en Forez, là où a donc lieu le test actuel de CVCB. Celui-ci donne d’ailleurs lieu à une consultation des usagers via le site du Cerema pour exprimer leur avis, leur ressenti, leur expérience forcément quelque peu déroutante du point vue automobiliste. Un Chaussidou, CVCB si vous préférez, matérialise en effet par un double espace accordé aux cyclistes en partageant la chaussée en trois voies : une voie centrale pour la circulation à double sens des véhicules motorisés et deux bandes cyclables latérales pour la circulation donc des modes doux.

Priorité aux cyclistes

©Département de la Loire

Ça peut être perturbant pour les automobilistes. Mais les giratoires l’étaient aussi il y a 50 ans.

Jérémie Lacroix, vice-président au Département de la Loir

Entre Craintilleux et Veauchette, cette voie à la circulation apaisée, « avec pas ou très peu de camions, surtout fréquentée le matin et le soir », dit le Département a beau être limitée à 70 km/h, les voitures cherchant à se croiser devront donc patienter derrière le ou les cyclistes (ou autres), toujours prioritaires sur elle, en se rangeant sur le côté. C’est-à-dire en étant autorisées à rouler temporairement sur la piste cyclable quand nécessaire. Une fois la voie centrale libre, la voiture peut y retourner et doubler les vélos. C’est le principe d’une voie partagée. « Ça peut être perturbant pour les automobilistes, reconnait Jérémie Lacroix. Mais les giratoires l’étaient aussi il y a 50 ans. C’est une question d’habitude, de pédagogie de notre part aussi et de responsabilité des conducteurs dont le comportement est la première des sécurités. Les retours que nous avons sur l’existant sont globalement positifs. On verra pour ici dans un an. »

« Au fil du temps, ces équipements contribuent à réduire considérablement la vitesse des véhicules motorisés », argue de son côté l’association Vélo en Forez qui invite les amateurs de cycle à en profiter pour expérimenter l’équipement via une balade en famille.

Partagez
Signaler une erreur

    Signaler une erreur

    J'accepte de transmettre les informations personnelles saisies ci-dessus afin que mon signalement soit traité par IF MEDIA.

    1 commentaire
    Laisser un commentaire
    Recevoir la newsletter
    IF Saint-Étienne